| Déportation
des juifs: Chirac évoque la faute de la France
Le
souvenir des juifs français déportés
"est pour la France plus qu'une douleur. Il est la conscience
d'une faute", a déclaré jeudi le président
Jacques Chirac en inaugurant la nouvelle exposition du pavillon
français du musée-mémorial d'Auschwitz-Birkenau.
Le
chef de l'Etat a évoqué les "juifs de tous
âges, de toutes conditions, de toutes origines, qui
ont tant apporté à notre pays, à notre
culture, à notre civilisation, happés par la
folie criminelle des nazis".
"Vos
enfants, vos familles, vos compatriotes se souviennent de
vous", a-t-il déclaré. "Votre souvenir,
celui de ce "monde qui fut", est pour la France
plus qu'une douleur. Il est la conscience d'une faute. Il
est une exigence de responsabilité".
Jacques
Chirac avait été le premier président
français à reconnaître la responsabilité
de l'Etat français dans la déportation des juifs
pendant la Deuxième Guerre mondiale: "Notre pays
a reconnu en 1995 ce que fut la réalité de son
histoire, ce que furent ses responsabilités",
a-t-il rappelé jeudi.
Désormais,
il faut se "souvenir" des victimes, pour éviter
qu'à "la trahison des valeurs de l'homme s'ajoute
l'outrage de l'oubli". "En nous souvenant de tous
et de chacun, nous leur rendons justice. Nous avons raison
de leurs bourreaux qui leur promettaient l'oubli", a
souligné Jaques Chirac.
Mais
il faut aussi "agir", notamment en construisant
"une société dans laquelle cette entreprise,
monstrueuse et criminelle, sera simplement impensable".
Ainsi, la France entend "maintenir fermement l'exigence
de mémoire qui est une exigence de vérité
et de responsabilité".
Et
"c'est dans cet esprit que nous opposons implacablement
la rigueur de la loi à ceux qui prétendent nier
l'horreur de ce qui s'est passé. Nier la réalité
de la déportation. Nier la réalité des
chambres à gaz et des crématoires. Nier la réalité
de la Shoah", a-t-il prévenu. "Nous combattons
résolument toutes les résurgences de l'inacceptable".
De
même, "nos professeurs ont le devoir et la mission
de transmettre et de transmettre encore aux jeunes toute la
vérité sur ces années".
Il
faut également pour Jacques Chirac continuer à
construire "une Europe qui tarisse à leur source
la haine, l'intolérance et le fanatisme", mais
aussi soutenir la création d'une justice pénale
internationale permanente. Car "nulle part le crime contre
l'humanité ne doit trouver refuge ou répit".
"La
France assumera toujours ses responsabilités, sur son
sol et au sein de la communauté internationale, pour
empêcher ces retours vers les ténèbres
de l'histoire", a affirmé le chef de l'Etat.
"Soixante
ans après, Auschwitz et Birkenau demeurent dans l'histoire
des hommes comme une immense et terrible déchirure",
a-t-il dit. "Ici, des abîmes inconnus se sont révélés.
La folie criminelle nazie est venue mettre en question l'essence
même de l'humanité" et "le mal s'est
incarné en ces lieux".
"Oui
nous savons, et nous n'oublierons jamais", a dit Jacques
Chirac.
Source
: AP |