Marine Le Pen, affaiblie au FN, ne désapprouve pas publiquement son père

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Marine Le Pen, affaiblie au FN, ne désapprouve pas publiquement son père

Marine Le Pen, vice-présidente du Front national, très affaiblie dans son parti après le dernier dérapage de Jean-Marie Le Pen sur l'occupation allemande, n'a toujours pas désapprouvé publiquement les propos de son père qui contrarient sa volonté d'améliorer l'image du FN.

Se contentant de laisser ses proches et son absentéisme parler à sa place, la fille de Jean-Marie Le Pen entend incarner une vision "moderniste", très minoritaire au sein d'une formation vieillissante.

Si les propos de Jean-Marie Le Pen ont soulevé un tollé, à gauche comme à droite, ils ont jusqu'ici profité aux adversaires de Marine Le Pen à l'intérieur du FN, les partisans de la ligne "dure" qui plébiscitent le numéro deux Bruno Gollnisch pour succéder à Jean-Marie Le Pen.

Préconisant une "dédiabolisation" du FN depuis sa soudaine montée en puissance au sein de l'appareil après la présidentielle de 2002, Marine Le Pen, qui avait publiquement condamné les propos de Bruno Gollnisch sur les chambres à gaz cet automne, n'a pas osé franchir le pas pour son père.

Celui-ci a déclaré au journal Rivarol que "l'occupation allemande (en France) n'a pas été particulièrement inhumaine" et qu'"il y aurait beaucoup à dire" sur le massacre de civils à Oradour-sur-Glane de juin 1944.

Sans intervenir elle-même officiellement, Marine Le Pen a fait distiller dans la presse par des proches, des informations ambiguës selon lesquelles elle "se mettait en congé du bureau exécutif" (les 8 plus hauts dirigeants du FN y compris Jean-Marie Le Pen), mais qu'elle n'en démissionnait pas.

Elle compte aussi faire campagne pour le non à la Constitution européenne, mais, précise-t-on, "à huis clos".

"Elle va prendre du recul pour écrire un livre dans lequel elle explique comment elle voit le combat de la famille nationale", a expliqué à l'AFP son assistant parlementaire Louis Alliot.

Marine Le Pen va donc en rester à l'attitude qu'elle a adopté dès la révélation des propos de Jean-Marie Le Pen à Rivarol le 12 janvier: partie "en vacances", elle était absente du bureau exécutif du 14 janvier et du bureau politique du 17 janvier.

Quant au contenu du désaccord de Marine Le Pen avec son père, c'est ce dernier qui, finalement, en a le plus parlé.

Dans un entretien à l'AFP le 14 janvier, Jean-Marie Le Pen déclarait: "compte tenu de ce que (Marine) pense généralement de ces choses-là, je ne suis pas absolument sûr que ça lui ai fait plaisir. Sa génération pense que toutes ces choses, c'est des vieux trucs d'anciens combattants, ce qui les intéresse c'est de savoir s'il va y avoir une France demain".

Mais il ne s'attendait pas à ce que sa fille le désavoue publiquement: "je pense que dans ce cas là elle aurait sans doute une certaine réserve, s'agissant de son père".

Quelque jours plus tard, Jean-Marie Le Pen avouait au journaliste du Nouvel Observateur (du 20 au 26 janvier) que sa fille lui avait tout de même dit sa colère en face: "Elle m'a dit qu'elle ne voulait pas être en porte-à-faux avec moi. Elle ne voulait pas être dans cette histoire, elle préférait prendre du recul".

Mais Jean-Marie Le Pen ajoutait, toujours dans le Nouvel Observateur: "Marine est bien gentille. Mais sa stratégie de dédiabolisation ne nous a rien apporté. Les médias nous ignorent. Un Front gentil ça n'intéresse personne. Je n'ai pas cherché un scandale pour briser l'omerta. Mais reconnaissez que cela marche!"

Selon un proche de Marine Le Pen, interrogé mercredi par l'AFP, cette dernière phrase, plus encore que le nouveau dérapage de son père, a accentué la "prostration" et la "colère" de la vice-présidente.

Source : AFP

 
Rubrique : Actualités France - News Janvier 2005 - News 23 - 28 Jan 2005
 

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