| Le
gouvernement compte ouvrir le capital de la SNCM
Le
secrétaire d'Etat aux Transports, François Goulard,
a annoncé mercredi l'intention du gouvernement d'ouvrir
le capital de la Société nationale Corse Méditerranée
(SNCM) pour redresser la situation financière du transporteur
maritime qui est "au bord de la cessation de paiement".
Il
s'est engagé à "préserver"
son "unité", alors qu'un comité d'entreprise
exceptionnel de la SNCM se tenait à Marseille pour
étudier un plan de restructuration qui pourrait se
traduire par la suppression de nombreux emplois.
"Nous
allons rechercher un opérateur industriel susceptible
à la fois d'apporter les capitaux pour garantir l'avenir
de l'entreprise et susceptible d'améliorer la gestion
et la performance commerciale", a-t-il annoncé
devant l'Assemblée nationale. "Les règles
de la concurrence interdisent aujourd'hui à l'Etat
d'intervenir au capital", a-t-il rappelé, s'engageant
toutefois à "préserver l'unité de
cette entreprise".
"La
situation de la SNCM est extrêmement préoccupante",
a expliqué le secrétaire d'Etat. "On peut
dire que l'entreprise est au bord de la cessation de paiement:
le déficit pour 2004 sera supérieur à
25 millions d'euros et on anticipe un déficit de trésorerie
à la fin de 2005 de l'ordre de 60 millions d'euros".
"Malgré
le plan de redressement qui avait été étudié
par le gouvernement précédent et qui a été
mis en oeuvre en 2003, avec un apport en capital de 76 millions
d'euros, la situation ne s'est pas redressée. Les résultats
ne sont pas à la hauteur des efforts de l'Etat, l'entreprise
n'ayant atteint aucun des objectifs qui lui ont été
à l'époque assignés", a-t-il déploré.
Dans
un premier temps, le gouvernement va donc "prendre des
mesures de consolidation immédiates pour éviter
la cessation de l'activité", a promis M. Goulard.
A cet égard, il a mis les salariés en garde
contre tout mouvement de grève qui "condamnerait"
la SNCM "de manière irrémédiable
au dépôt de bilan". La grève de septembre
dernier "a eu des conséquences lourdes" et
"a fait baisser la fréquentation commerciale de
cette compagnie de 26%", a-t-il dit, ajoutant par ailleurs
que la compagnie perd "des parts de marché".
Un
comité d'entreprise exceptionnel de la SNCM se tenait
mercredi en fin d'après-midi à Marseille pour
étudier un plan de restructuration qui pourrait se
traduire par la suppression de nombreux emplois.
Réagissant
à l'annonce de M. Goulard, le secrétaire du
comité d'entreprise de la SNCM, Bernard Marti (CGT),
a souligné que le CE "n'a toujours pas fini d'aborder
le premier point à l'ordre du jour, qui concerne la
situation économique. On avait à peine commencé
à aborder les mesures envisagées par la direction,
alors que le secrétaire d'Etat Goulard a annoncé
à l'Assemblée l'idée d'ouvrir le capital
à des entreprises privées pour soi-disant sauver
l'entreprise".
"Le
problème, c'est qu'au stade où nous en sommes
de notre réunion, il n'y a pas d'accord entre la direction
et nous sur les chiffres qu'elle nous a avancés, et
nous avons voté le principe d'un audit pour connaître
réellement la situation. Comment voulez-vous qu'on
puisse sérieusement annoncer des solutions à
une situation qu'on ne connaît pas encore?".
La
réunion du CE devrait se poursuivre tard dans la nuit
et pourrait même reprendre jeudi matin. Les organisations
syndicales annoncent une assemblée générale
des salariés, qui pourrait se tenir dans la matinée.
En
déplacement à Marseille, le secrétaire
général de la CGT Bernard Thibault a rappelé
qu'il avait réclamé en septembre la convocation
rapide d'une table ronde sur l'avenir de la SNCM. "Aucune
suite n'a été donnée à notre demande,
comme si certains voulaient jouer la montre. Puisque nous
apprenons des décisions capitales pour l'avenir de
l'entreprise en écoutant une retransmission de débat
à l'Assemblée, je me permets de renouveler avec
force notre demande".
Source
: AP |