| Chirac
propose une taxe internationale pour financer la lutte contre
le sida Le
président français Jacques Chirac a proposé
mercredi à Davos de créer, "à titre
expérimental", une taxe internationale sur les
transactions financières internationales ou les billets
d'avion pour financer la lutte contre le sida.
"Je
propose aujourd'hui d'aller de l'avant, par la création
à titre expérimental d'un prélèvement
pour financer la lutte contre le sida", a-t-il dit devant
le gotha de la politique et de l'économie réuni
au Forum économique mondial, par le biais d'une visio-conférence
depuis Paris.
En
raison du mauvais temps en début d'après-midi
dans cette station de ski des Grisons (est de la Suisse),
M. Chirac, qui doit participer jeudi aux cérémonies
du 60ème anniversaire de la libération du camp
nazi d'Auschwitz, a dû renoncer à venir en personne
à Davos.
Affirmant
que la communauté internationale était "en
train d'échouer face à cette terrible pandémie",
il a souligné qu'il fallait "mobiliser au moins
10 milliards de dollars par an" pour enrayer la progression
du sida.
"Plusieurs
assiettes pour ces nouvelles resssources sont envisageables",
a-t-il dit.
M.
Chirac a évoqué différentes pistes: "une
contribution sur les transactions financières internationales"
pouvant rapporter dix milliards de dollars par an, "un
prélèvement sur les flux de capitaux sortants
et entrants" dans les pays qui maintiennent le secret
bancaire, "une contribution sur le carburant utilisé
par le transport aérien et maritime" pouvant rapporter
plusieurs milliards de dollars, et "un faible prélèvement",
par exemple d'un dollar, "sur les trois milliards de
billets d'avion vendus chaque année dans le monde".
Il
suggère également "de susciter en plus
grand nombre des contributions volontaires pour le développement"
par le biais d'incitations fiscales encourageant les dons
privés.
Le
président français reconnait qu'"il est
normal que ces propositions fassent débat", allusion
voilée à l'hostilité déclarée
des Etats-Unis à toute idée de prélèvement
international obligatoire.
"Il
ne saurait être question d'outrepasser la souveraineté
et les compétences fiscales des Etats", a-t-il
dit en ajoutant toutefois que "rien n'interdit aux Etats
de coopérer, de s'entendre sur de nouvelles ressources
et sur leur affectation à une cause commune".
Source
: AP |