| Carole
Bouquet juge ses écoutes absurdes
"Il
n'y a aucune raison, qui relève de la raison d'Etat,
qui ne justifie qu'on m'ait écoutée", s'est
insurgée Carole Bouquet, entendue mercredi en tant
que partie civile au procès des "écoutes
de l'Elysée".
La
ligne téléphonique de l'actrice a été
écoutée en janvier 1985 par la cellule de l'Elysée
qui s'intéressait aux activités et aux contacts
avec l'Algérie et la Libye de son compagnon de l'époque,
Jean-Pierre Rassam, producteur, entre autres, de Robert Bresson,
Jean-Luc Godard, Jean Yanne et Marco Ferreri.
"A
l'époque, il était ruiné et n'avait plus
aucun pouvoir. Comme le Phénix, il essayait de renaître".
Très lié à Chadli Benjedid, il ne l'a
plus vu au moment où ce dernier a été
élu à la présidence de l'Algérie,
a expliqué l'actrice. Il connaissait également
l'écrivain Jean-Edern Hallier, bête noire de
François Mitterrand.
La
ligne téléphonique de "Bûche",
surnom de Carole Bouquet à la cellule, fut interceptée
pour des raisons de "sécurité des personnalités
de la Défense", à l'initiative de Christian
Prouteau et non de François Mitterrand, assure l'ancien
responsable de la cellule avant d'affirmer que l'ancien président
n'était pas informé de cette écoute.
"A
l'époque, on était très orienté
vers la Libye", explique Christian Prouteau qui évoque
un rendez-vous en Suisse pour une "livraison de quelque
chose". Jean-Louis Esquivié, membre de la cellule
et prévenu dans ce dossier, parle de "liaisons
inquiétantes avec la Libye". Jean-Pierre Rassam
a produit, quelques années plus tôt, un film
de Barbet Schroeder sur Kadhafi, a rappelé Mme Bouquet.
Pierre-Yves
Gilleron, membre de la cellule, a été plus insidieux:
Jean-Pierre Rassam était connu de la Direction de la
surveillance du territoire (DST) au moins depuis 1978, mais
il a refusé, au nom du secret-défense, de dévoiler
les raisons de cet intérêt.
Marchand
d'armes, Jean-Pierre Rassam? La rumeur a couru et Christian
Prouteau s'est défendu mercredi de lui avoir donné
corps. "Pour quelqu'un qui serait marchand d'armes, il
n'avait plus du tout d'argent jusqu'à sa mort",
s'est énervée Carole Bouquet.
"Il
était sous l'emprise de médicaments et d'héroïne
dont il essayait de se délivrer. Il n'était
pas vraiment fiable", raconte alors l'actrice avant d'ajouter:
"Sous l'emprise de la drogue, on ne contrôle plus
rien".
La
cellule mettra fin aux écoutes de la ligne de Carole
Bouquet car n'ayant rien apporté. Des écoutes
qui perdureront après le décès du producteur.
A l'audience, Christian Prouteau s'en est excusé auprès
de Carole Bouquet.
Source
: AP |