| Jacques
Chirac rappelle le devoir de mémoire sur la Shoah
Jacques
Chirac a rappelé mardi "l'engagement de la France
à toujours se souvenir du martyre juif", en inaugurant
le Mémorial de la Shoah, rue Geoffroy l'Asnier dans
le 4e arrondissement de Paris.
"M'inclinant
avec respect devant les victimes de la Shoah, je suis venu
rappeler la promesse de notre pays de ne jamais oublier ce
qu'il n'a pas su empêcher", a déclaré
le chef de l'Etat. Une allusion au discours prononcé
le 16 juillet 1995 au Vel' d'Hiv, lorsqu'il avait reconnu
la responsabilité du régime de Vichy dans la
déportation des juifs.
"Souviens-toi.
N'oublie pas", a ajouté le président, en
prononçant ces paroles en hébreu: "Zakhor.
Al Tichkah."
Le
chef de l'Etat s'exprimait devant de nombreuses personnalités
de la communauté juive et responsables politiques,
dont le président de l'Assemblée nationale Jean-Louis
Debré, les ministres Renaud Donnedieu de Vabres (Culture),
Dominique Perben (Justice), Philippe Douste-Blazy (Santé),
Michèle-Alliot Marie (Défense), François
Fillon (Education), le maire de Paris Bertrand Delanoë
et le président du conseil régional Jean-Paul
Huchon.
Etaient
également présents le président du Conseil
français du culte musulman (CFCM) Dalil Boubakeur,
la secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet,
Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn, Anne-Marie Raffarin,
Roman Polanski, Véronique Genest ou Francis Huster.
Guidé
par Simone Veil, présidente de la Fondation pour la
mémoire de la Shoah, Jacques Chirac s'est incliné
devant le mur où sont gravés les 76.000 noms
des juifs déportés de France entre 1942 et 1944,
construit à l'entrée du Mémorial. Il
a ensuite visité le musée, extension du Mémorial
du Martyr juif installé dans le quartier du Marais
depuis 1956. Le Mémorial, qui regroupe un musée
et un centre de documentation, ouvrira ses portes au public
jeudi.
Dans
son allocution, le chef de l'Etat a témoigné
sa "reconnaissance" à tous ceux qui sont
à l'origine de cette oeuvre de mémoire. "En
cet instant, l'histoire hante nos consciences. Elle nous fait
un devoir pour toujours", a-t-il souligné.
Jacques
Chirac a invité tous les professeurs de France à
amener leurs élèves au Mémorial "pour
que tous nos enfants voient, comprennent et n'oublient jamais".
"La mémoire de la Shoah n'est pas seulement celle
d'une communauté. Elle est notre mémoire commune.
Elle est l'obligation pour la nation de se rappeler son histoire",
a-t-il dit.
Le
chef de l'Etat a condamné solennellement le négationnisme
et l'antisémitisme, "qui n'a pas sa place en France".
"L'antisémitisme n'est pas une opinion. C'est
une perversion. Une perversion qui tue. C'est une haine qui
plonge ses racines dans les profondeurs du mal et dont nulle
résurgence ne peut être tolérée",
a-t-il lancé en redemandant au gouvernement de "mettre
tout en oeuvre" pour faire cesser les agressions contre
les juifs de France.
Jacques
Chirac a terminé son discours par un plaidoyer pour
la construction européenne: "Fidèles à
la mémoire de celles et de ceux que la haine et le
refus de l'autre ont emportés pour toujours, nous voulons
bâtir pour nos enfants une Europe rassemblée,
un monde de paix, un avenir de justice et de liberté.
C'est pour eux, pour toutes celles et tous ceux dont on a
voulu détruire jusqu'au souvenir, que nous n'oublions
pas".
Le
chef de l'Etat exprimera le même message jeudi à
Auschwitz, où il participera à la cérémonie
internationale organisée pour le 60e anniversaire de
la libération du camp par les troupes soviétiques.
Il inaugurera à cette occasion la nouvelle exposition
du pavillon français.
Source
: AFP |