| Procès
à huis clos des tortionnaires de Châteauroux
Le
procès de sept personnes, dont deux femmes, accusées
d'avoir séquestré et torturé pendant
trois semaines en 2002 un jeune homme de 19 ans dans une maison
du centre de Châteauroux, a débuté lundi
à huis-clos devant la cour d'assises des mineurs de
l'Indre.
Le
procès qui doit durer jusqu'à jeudi, pourrait
être prolongé d'un jour, si nécessaire,
a-t-on indiqué de source judiciaire. Il se déroule
devant la cour d'assises des mineurs car l'un des accusés
avait 16 ans au moment des faits.
Les
sept accusés comparaissent notamment pour "enlèvement,
agressions sexuelles et violences commises en réunion,
abstention volontaire d'empêcher un crime". Quatre
d'entre eux sont également accusés de "tortures
et actes de barbarie".
A
l'arrivée des accusés dans le palais de justice,
le père de la victime les a invectivés. L'un
d'entre eux, considéré comme le meneur par la
police, a ensuite échangé des insultes avec
le père. Le suspect, très en colère,
s'en est également pris aux journalistes présents.
La
victime, entrée dans le palais par une autre porte,
est arrivée avec des béquilles. Elle a eu une
jambe fracturée dans un récent accident de la
circulation.
Depuis
2002, le jeune homme est placé sous curatelle. Il est
accompagné dans une démarche pour l'aider à
se sociabiliser à nouveau et travaille comme employé
municipal dans une mairie.
Le
calvaire du jeune homme, peintre en bâtiment sans emploi
jeté à la rue par son père quelques semaines
plus tôt, avait commencé le 5 août 2002.
Il n'avait pris fin que trois semaines plus tard, lorsqu'un
voisin avait appelé la police après avoir lu
sur un écriteau à une fenêtre : "Au
secours. Aidez-moi. Appelez la police".
Les
faits s'étaient déroulés dans un appartement
puis dans une maison du centre de Châteauroux, louée
par un couple qui hébergeait régulièrement
des marginaux sans emploi et où la victime avait trouvé
refuge.
Le
jeune homme avait été battu à de nombreuses
reprises, parfois à coups de bâton, privé
de nourriture, violé, menacé de mort avec une
arme, brûlé au fer à repasser. Il avait
eu les oreilles décollées et le nez cassé
par ses tortionnaires, parmi lesquels le couple qui l'avait
accueilli.
Tout
comme leur victime, la plupart des tortionnaires étaient
en situation de détresse sociale: un seul avait un
emploi de chauffeur routier, les autres étaient en
contrat d'apprentissage ou sans emploi.
L'un
d'eux, considéré comme particulièrement
violent, venait de sortir de prison. Trois autres étaient
sous curatelle.
Source
: AFP |