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requête en révision du procès Seznec examinée lundi
Plus
de 80 ans après la condamnation aux travaux forcés
à perpétuité de Guillaume Seznec en 1924
pour le meurtre d'un notable, la commission de révision
des condamnations pénales doit examiner lundi la requête
en révision de son procès déposée
en mars 2001 par la ministre de la Justice de l'époque,
Marylise Lebranchu.
Cette
commission doit tenter d'établir si les éléments
présentés par Mme Lebranchu, à l'appui
de sa demande, constituent "un fait nouveau ou un élément
inconnu de la juridiction au jour du procès, de nature
à faire naître un doute sur la culpabilité
de l'accusé".
Si
c'était le cas, le dossier Seznec serait renvoyé
devant la Cour de révision qui pourrait décider
d'annuler la condamnation et "décharger la mémoire
des morts", selon les termes de la loi. Il n'y aurait
en aucun cas un nouveau procès.
Cela
fait près de trente ans que la famille de Guillaume
Seznec se bat pour la réhabilitation de ce maître
de scierie, parti le 25 mai 1923 avec son ami Pierre Quémeneur
de sa Bretagne natale à Paris. Pierre Quémeneur,
conseiller général du Finistère, disparaît.
Son corps ne sera jamais retrouvé.
Le
4 novembre 1924, Guillaume Seznec, qui a toujours clamé
son innocence, est condamné par la cour d'assises du
Finistère aux travaux forcés à perpétuité
pour ce meurtre. En sa défaveur, aura joué un
document dactylographié, daté du 23 mai 1923,
aux termes duquel, la victime lui promettait la vente pour
35.000FF d'une propriété à Plourivo,
en Bretagne.
"Un
faux, fabriqué par ses détracteurs", selon
la famille Seznec qui a déposé une première
demande en révision en 1977. La décision n'a
été rendue qu'en juin 1996 par la Cour de révision.
Un rejet.
Un
premier pas a pourtant été franchi. Guillaume
Seznec avait affirmé au cours de son procès
que Pierre Quémeneur et lui avaient rendez-vous à
Paris avec un certain Gherdi, surnommé Charly, un trafiquant
de voitures entre la France et l'URSS. "Une pure création
de l'imagination" de l'accusé, selon la Cour.
Au
cours de la première demande de révision, il
a cependant été établi que ce Gherdi
a bel et bien existé. "Un élément
nouveau", a même reconnu la Cour de révision.
"Mais pas de nature à faire naître un doute
sur la culpabilité" du condamné.
A
l'appui de sa demande, Marylise Lebranchu, également
députée du Finistère, a donc fourni d'autres
détails sur la personnalité de Gherdi qui permettraient
de faire douter de la culpabilité de Seznec.
D'abord
le témoignage d'une personne entendue en mars 1956
qui désigne les auteurs du meurtre de Quémeneur
comme étant l'inspecteur de police Pierre Bonny, chargé
à l'époque de l'enquête, et un certain
"François". Or, Gherdi se faisait également
appeler François.
Ensuite,
la ministre a produit les révélations de Colette
Noll, ancienne résistante arrêtée en 1944
et déportée à Ravensbrück, qui reconnaît
Gherdi comme étant l'un des hommes de la Gestapo ayant
participé à l'arrestation de son réseau.
Elle a également fait savoir à la famille Seznec
que Gherdi et l'inspecteur Bonny étaient de vieilles
connaissances.
"La
justice a enfin une occasion historique de reconnaître
une erreur", s'était félicité Denis
Seznec, le petit-fils de Guillaume, lors de la saisine de
la commission de révision. Reste à savoir si
la commission ira plus loin que le général de
Gaulle qui a gracié Guillaume Seznec en 1946, après
19 années passées en Guyane. Il est décédé
en France le 13 février 1954, à l'âge
de 75 ans, après avoir été renversé
par une camionnette qui a pris la fuite..
Source
: AP |