François Bayrou appelle l'UDF à "oser la différence"

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Actualités - France
François Bayrou appelle l'UDF à "oser la différence"

François Bayrou met le cap sur 2007. Le président de l'Union pour la démocratie française a appelé dimanche ses troupes à "oser affirmer (leur) différence" et à "couper le cordon ombilical" qui reliait encore l'UDF à l'Union pour un mouvement populaire, en clôturant à Paris un congrès de trois jours marqué par une ambiance de règlement de comptes avec Jacques Chirac.

"Si l'UDF ose affirmer sa différence, couper le cordon ombilical, n'être plus prisonnière d'un camp (...) alors l'UDF gouvernera la France", a lancé François Bayrou au palais de la Mutualité devant des militants qui l'ont reconduit pour deux ans à la tête du parti avec le score de 98,46%. "Si elle se range dans une coalition gouvernementale dirigée par d'autres, elle sera rayée de la carte".

"Il y a 20 ans que nous avons abdiqué notre identité dans une union de la droite", a-t-il asséné, en plaidant pour que l'UDF soit "une voix différente et indépendante".

Alors que les Français pensent selon lui que "là haut, ils n'entendent plus rien", "nous voulons être différents" de l'UMP comme du PS. "Et si cette différence s'entend, alors les Français choisiront entre les trois projets qui sont devant eux", fait-il valoir. Certes, "nous allons déplaire beaucoup, à droite et à gauche", mais "ce sera précisément l'indice de la réussite du combat que nous sommes en train de mener".

Durant trois jours, le congrès de l'UDF a été émaillé d'attaques, souvent virulentes, contre Jacques Chirac, son gouvernement et l'UMP. Et si les dirigeants centristes se défendent d'être passés dans l'opposition, les oreilles des dirigeants de droite ont bien plus sifflé que celles de ceux de gauche.

Dans ce contexte, il est donc exclu d'augmenter le nombre de ministres centristes au gouvernement. Dans cette hypothèse, "nous accréditerions définitivement aux yeux des Français l'idée que UDF et UMP c'est la même chose", a tranché François Bayrou. Le "chemin" de l'UDF "n'est pas d'entrer au gouvernement".

L'unique ministre UDF du gouvernement, Gilles de Robien, a dû se sentir bien seul. A la tribune, il a souhaité dimanche voir davantage de centristes au gouvernement et demandé à l'UDF d'"arrêter les polémiques sur la Turquie". Là non plus, il n'a pas été entendu.

Certains UMP soupçonnent l'UDF de chercher secrètement, en parlant de la Turquie, à faire échouer le camp du "oui", mené par Jacques Chirac. Si le congrès a confirmé samedi le soutien des centristes à la Constitution, il a également réaffirmé son opposition à l'adhésion d'Ankara à l'UE. Pour achever d'embarrasser Jacques Chirac, le président du groupe UDF à l'Assemblée nationale Hervé Morin est allé dimanche jusqu'à demander au chef de l'Etat d'"engager sa responsabilité" sur le référendum, "comme le faisait le général de Gaulle à chaque référendum".

"Ce référendum, c'est notre affaire, mais c'est aussi celle du président de la République. Il ne pourra pas, comme il l'a fait sur le quinquennat, dire 'je vous consulte mis peu importe le résultat'", a-t-il lancé. Et l'UDF compte aussi défendre, seule s'il le faut, l'amendement Balladur dans le débat sur la révision constitutionnelle préalable au référendum.

A la tribune, François Bayrou a toutefois assuré dimanche qu'il comptait bien "s'engager pour le oui". "Nous allons dire non seulement oui, mais trois fois oui, et de manière résolue, à la Constitution européenne", a-t-il affirmé.

Sur la Turquie, "la seule attitude civique serait d'ignorer les problèmes" à en croire l'UMP. Mais "nous ne voulons pas entrer dans ce jeu et dans ce choix", a-t-il averti. "Comme si c'était les paroles qui créaient les inquiétudes! Le rôle des politiques c'est justement de répondre aux inquiétudes".

"Il y a besoin pour la France d'un nouveau projet", a martelé le président de l'UDF, qui a plaidé en particulier pour une nouvelle politique des salaires, alors que la "nouvelle fracture sociale" touche désormais selon lui également les classes moyennes.

Il a ainsi souhaité que la rémunération des heures supplémentaires dans les petites entreprises soit majorée de 25% comme dans les grandes entreprises, et pas seulement de 10% comme c'est le cas actuellement. Il a également souhaité encourager les entreprises à développer l'intéressement des salariés en les exonérant d'impôt sur les sociétés et de charges sociales quand elles vont dans ce sens.

Source : AP

 
Rubrique : Actualités France - News Janvier 2005 - News 23 - 28 Jan 2005
 

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