| Succès
de la mobilisation à la SNCF, avant celle attendue des fonctionnaires
Les
cheminots se sont fortement mobilisés mercredi contre
le budget 2005, entraînant d'importantes perturbations
du trafic et poussant la SNCF à un geste sur l'emploi
et les salaires, alors que la fonction publique prendra le
relais jeudi, avec force selon les syndicats.
Dans
la journée, le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy,
a demandé qu'une loi sur le service minimum dans les
tranports soit votée "avant la fin de la législature
2007", prenant une nouvelle fois à contre-pied
le gouvernement jusqu'ici resté prudent sur la question.
"C'est
un engagement que nous avons pris collectivement en 2002",
a-t-il rappelé dans une interview à paraître
jeudi dans le quotidien le Parisien, au lendemain d'une grève
largement suivie à la SNCF et qui a entraîné
de fortes perturbations.
Conformément
aux prévisions annoncées dès lundi, la
circulation des trains est restée très réduite
mercredi: seuls un TGV sur trois et un Corail sur quatre ont
circulé. En revanche le trafic Eurostar est resté
normal et les liaisons Thalys légèrement perturbées.
En
banlieue parisienne, seuls 16% à 40% du trafic ont
été assurés selon les lignes, et en province,
il a varié selon les régions: si aucun TER n'a
circulé en Midi-Pyrénées, un sur six
a roulé en Provence-Alpes-Côtes-d'Azur.
Le
mouvement a été suivi par près de quatre
cheminots sur dix (36,9% selon la direction, 39% selon la
CGT), à l'appel de sept syndicats, pour dénoncer
les 3.590 suppressions d'emplois initialement prévues
dans le budget 2005.
Le
CA de la SNCF a adopté celui-ci mercredi, les administrateurs
salariés votant contre. Ce budget sur un bénéfice
de 113 millions d'euros en 2005.
Toutefois,
son volet emploi a été infléchi, le président
Louis Gallois annonçant "300 embauches supplémentaires"
pour le Transilien, ramenant le nombre de suppressions d'emplois
à 3.290. Par ailleurs, une "table ronde sur les
salaires" est prévue courant février, "de
premières réponses à mettre au crédit
de la mobilisation", selon Didier Le Reste (CGT).
Le
dispositif d'information aux usagers sans précédent
mis en place par la SNCF semblait avoir produit ses effets,
aucune scène de pagaille dans les gares n'ayant été
signalée.
A
EDF, quelque 12,5% des électriciens-gaziers ont fait
grève, selon la direction d'EDF -- entre 30 et 70%
selon la CGT, à l'origine de l'appel avec FO -- à
l'occasion du conseil d'administration d'EDF sur le projet
industriel, et contre leur accord de branche en matière
de protection sociale. La CGT a révélé
par ailleurs le même jour que l'ouverture du capital
de Gaz de France était inscrite à l'ordre du
jour du prochain conseil d'administration, le 26 janvier.
De
son côté, le syndicat de la magistrature (SM,
gauche) a organisé mercredi une grève de protestation
contre deux prochaines réformes de la justice, l'une
concernant la lutte contre la récidive et l'autre les
juges de proximité.
Ce
mouvement, dont le principal syndicat de magistrats (USM,
modéré) s'était désolidarisé,
a peu perturbé le fonctionnement des tribunaux.
Dans
la santé, les chirurgiens hospitaliers ont fait grève
pour obtenir une réorganisation des blocs opératoires
et une revalorisation de leur rémunération.
Les activités chirurgicales programmées -- hors
urgences -- dans près de 70% des blocs opératoires
ont été annulées, selon Chirurgie hôpital
France.
Cette
action précédait celle des médecins urgentistes
et agents hospitaliers, appelés à se mobiliser
jeudi avec la fonction publique.
Jeudi,
fonctionnaires et enseignants prennent en effet le relais:
les syndicats affirmant qu'ils seront en nombre dans la rue,
appelant à refuser rigueur salariale et réductions
d'effectifs, ainsi qu'à défendre les missions
de service public.
A
Paris, un cortège régional s'ébranlera
à 14H de la place de la République pour rejoindre
Saint-Augustin. Les leaders confédéraux, Bernard
Thibault (CGT), François Chérèque (CFDT)
Jean-Claude Mailly (FO), Jacques Voisin (CFTC) et Alain Olive
(UNSA) défileront derrière la banderole de tête
proclamant: "augmenter les salaires pour un service public
de qualité".
Source
: AFP |