| Ouverture
prochaine à Paris du Mémorial de la Shoah
Le
Mémorial de la Shoah de Paris, qui regroupera un musée
et un centre de documentation, ouvrira ses portes au public
le 27 janvier sur le site de l'ancien Mémorial du Martyr
juif dont il est une extension.
Après
deux ans de travaux, le bâtiment sera inauguré
par le président Jacques Chirac, avant d'accueillir
les visiteurs à partir du jeudi 27, le jour du 60e
anniversaire de la libération d'Auschwitz.
Ce
mémorial consacré à la persécution
et à l'extermination des juifs par le régime
nazi présentera notamment une exposition permanente
(gratuite) consacrée à l'histoire des juifs
de France pendant la Shoah. Un parcours adapté aux
enfants de 8 à 12 ans a été aménagé
pour permettre notamment de recevoir les classes des écoles
primaires.
Le
Mémorial prévoit également d'accueillir
régulièrement des expositions temporaires, qui
seront payantes. La première sera consacrée
aux dessins de David Olère, qui a été
affecté au fonctionnement des chambres à gaz
d'Auschwitz.
Situé
dans le quartier du Marais, le Mémorial accueille aussi
le fonds du Centre de documentation juive contemporaine dont
il est une extension. Ce fonds peut être consulté
par tous, que ce soit des chercheurs, des proches à
la recherche d'informations sur un déporté ou
des élèves qui souhaitent préparer un
exposé. Plus d'un million de documents, dont les archives
exceptionnelles des administrations allemandes installées
en France pendant la Seconde Guerre mondiale, y sont regroupés
dans cette collection initiée en 1943.
L'ancien
bâtiment du Mémorial du Martyr juif inconnu a
été agrandi de pour constituer ce grand centre.
Dans son sous-sol, on peut toujours visiter la crypte, où
reposent depuis 1957 des cendres de victimes des camps d'extermination
et du ghetto de Varsovie.
L'allée
qui mène à l'entrée du Mémorial
a été bordée d'un "Mur des noms",
sur lequel sont gravés les noms des 76.000 hommes,
femmes et enfants juifs déportés depuis la France
entre 1942 et 1944. La plupart de ces personnes ont été
assassinés à Auschwitz-Birkenau, les autres
dans les camps de Sobibor et de Lublin, entre 1942 et 1944.
Seuls 2.500 ont survécu à leur déportation.
"Ce
mur restitue une identité à des enfants, des
femmes et des hommes que les nazis ont tenté d'éradiquer
de la surface de la terre", explique le site Internet
du Mémorial. "C'est un lieu où on se pose
des questions", a commenté mercredi le directeur
du Mémorial Jacques Fredj lors de la présentation
du musée aux journalistes.
Par
ailleurs, l'association des Fils et filles des déportés
juifs de France annonce l'ouverture à l'Assemblée
nationale d'une exposition consacrée aux 11.000 enfants
juifs déportés de France vers Auschwitz, où
la plupart sont morts.
Source
: AP |