| Les
voeux très politiques du ministre de la santé
Le
ministre de la santé, Philippe Douste-Blazy, a présenté
mercredi des voeux très politiques, affichant sa "loyauté"
envers le chef de l'Etat et sa détermination à
ne pas laisser "le monopole des idées" à
Nicolas Sarkozy, qu'il n'a pas cité.
Pour
ses voeux à la presse, M. Douste-Blazy avait soigné
la mise en scène. S'exprimant derrière un pupitre
flanqué de deux drapeaux européens sur fond
bleu, tandis que des écrans retransmettaient son discours,
le ministre a mis en avant sa "loyauté" envers
le président de la République et l'équipe
gouvernementale.
Il
a assuré que Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin
lui avaient "demandé d'être le trait d'union
entre le gouvernement et l'UMP".
"C'est
une affaire d'efficacité et de loyauté entre
les différents acteurs de la majorité. S'il
n'y avait pas cette synergie, dans laquelle je vais m'investir
pleinement, il y aurait un risque majeur, pour nous, pour
l'élection présidentielle de 2007", a-t-il
affirmé alors que des turbulences agitent la majorité
autour des récentes déclarations du président
de l'UMP.
Déjà
onze ministres et secrétaires d'Etat ont formé
un "groupe de l'union" - auquel M. Douste-Blazy
n'appartient pas - avec la mission de renforcer le lien entre
le gouvernement et l'UMP.
Le
ministre de la santé a par ailleurs indiqué
que le chef de l'Etat et le premier ministre lui avaient également
demandé de "sillonner l'Europe pour défendre
le pacte européen pour la jeunesse", cher au président
de la République, a-t-il insisté, et qui sera
présenté en mai au conseil européen.
Détaillant
la double mission dont il venait d'être investi par
le couple exécutif, M. Douste-Blazy n'a pas caché
son ambition de dépasser le cadre strict de ses fonctions
ministérielles, ponctuant son discours du mot "politique"
et multipliant les formules lyriques sur "le destin de
notre peuple" ou "la flamme" qui doit guider
les gouvernants.
"Même
si nous sommes cantonnés dans ce ministère,
très large (...) nous pouvons aussi lancer des idées",
a marqué M. Douste-Blazy, à qui l'on prête,
à droite, des ambitions pour Matignon.
"Nous
voulons être une autoroute des idées. Il n'y
a pas de monopole du débat. Personne n'a le monopole
de l'esprit, pas plus que l'exclusivité de la production
d'idées", a affirmé M. Douste-Blazy dans
une claire allusion à Nicolas Sarkozy. Depuis de début
de l'année le patron de l'UMP décline un discours
largement axé sur le renouvellement des idées
à droite, appelant mercredi à des "des
idées neuves, compréhensives par tous".
M.
Douste-Blazy n'a toutefois pas cité une seule fois
l'ancien ministre des finances, qu'il aurait aimé remplacer
à Bercy, se contentant de parler du "président
du parti".
Fort
d'un sondage qui le place en tête des personnalités
de droite dans les préférences des Français
(63%), devant le populaire Nicolas Sarkozy, le ministre cherche
à se mesurer au patron de l'UMP qui l'a évincé
du secrétariat général du parti pour
le remplacer par un autre centriste, Pierre Méhaignerie.
Preuve
supplémentaire de cette rivalité à peine
voilée entre deux hommes: le commentaire de Douste-Blazy
sur la proposition de Sarkozy de faire élire par les
militants de l'UMP le candidat que le parti soutiendra à
la présidentielle de 2007.
"Si
le président de la République sortant se présente,
il me paraît très difficile, même impossible
que les militants puissent le soumettre au vote", a-t-il
affirmé.
Source
: AFP |