| Essais
nucléaires: des victimes entendues pour la 1ère fois par la
justice Des
victimes présumées des irradiations provoquées
par les essais nucléaires français en Polynésie
ou au Sahara ont été entendues mercredi pour
la première fois par deux juges du pôle santé
du tribunal de Paris, a-t-on appris de source judiciaire.
Les
magistrates Anne Auclair-Rabinovich et Anne-Marie Bellot sont
saisies depuis le 20 septembre 2004 d'une information judiciaire
contre X pour "homicide involontaire" et "atteinte
involontaire à l'intégrité physique".
Cette
instruction fait suite aux dépôts de plaintes
avec constitution de partie civile, en décembre 2003,
de vétérans des essais nucléaires, souffrant
de pathologies cancéreuses, ou de familles de personnes
décédées qui dénoncent les conséquences
des essais nucléaires.
Elle
a notamment pour objet de tenter de mettre au jour un éventuel
lien entre ces maladies et les radiations auxquelles les victimes
disent avoir été exposées.
Pour
l'heure, seules dix parties civiles, représentant six
malades et quatre personnes décédées
d'un cancer (les premières à avoir porté
plainte), ont été jugées recevables par
la justice. Ce sont ces victimes ou leur famille qui sont
entendues à partir de mercredi et jusqu'à vendredi
par les deux juges.
Quatre
autres plaintes déposées par les représentants
de deux personnes décédées, une malade
et un couple qui aurait eu un foetus mort avant terme et un
autre malformé, sont à l'étude au parquet
qui n'a encore pris ses réquisitions sur leur recevabilité.
Les
plaintes de deux associations - l'Association des vétérans
des essais nucléaires (Aven) et l'Association polynésienne
Moruroa e tatou" qui disent représenter 6.500
victimes (militaires de carrière, appelés, employés
du Commissariat à l'énergie atomique), ont été
rejetées car ces associations n'avaient pas les cinq
ans d'existence requis par la loi pour se constituer partie
civile.
Mais
nombre de ces plaignants ont saisi le tribunal des pensions
militaires et le tribunal des affaires de la sécurité
sociale pour obtenir réparation, précise Jean-Louis
Valatx, président d'Aven.
Plus
de 200 essais nucléaires ont été menés
entre 1960 et 1996 par l'armée française au
Sahara (dans les années 1960) et en Polynésie.
Certains
des plaignants dénoncent "l'absence de protection
lors des essais auxquels les personnels assistaient en short".
Selon eux, "les autorités militaires et civiles
françaises en charge des expériences (...) n'ignoraient
pas les risques".
Source
: AFP |