| Hommage
de l'Assemblée aux 11.000 enfants juifs déportés à Auschwitz
L'Assemblée
nationale rend hommage aux 11.000 enfants juifs déportés
à Auschwitz entre 1942 et 1944, en leur consacrant
une exposition, inaugurée mercredi par Jean-Louis Debré
et Serge Klarsfeld, président de l'Association des
Fils et des Filles des déportés juifs de France.
Plus
de 3.000 visages d'enfants juifs ont été accrochés
dans une galerie du palais Bourbon, des clichés en
noir et blanc, la plupart pris avant la déportation,
et certains portent déjà l'étoile jaune.
Vidéo: cliquez ici pour voir la vidéo
"Les enfants nous regardent, ils nous disent +ne nous
oubliez pas+", a inscrit dans le livre d'or le président
de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré.
Il
y a aussi des cartes d'identité tamponnées en
rouge de la mention juif ou juive. Des cartes avec celle d'"étranger
surveillé", assorties de photos avec des plaques
numérotées, "comme des criminels",
commente M. Klarsfeld, qui a réalisé cette exposition.
Quelques
survivants sont là, comme Henri Zajdenwergier, 77 ans,
déporté le 15 mai 1944 à 16 ans. "Il
fallait toujours donner l'impression de pouvoir travailler",
se rappelle-t-il. Pour lui, grâce à cette exposition,
"c'est comme si c'était des vivants".
André
Chomand, 78 ans, lui aussi rescapé, est là pour
ses deux frères qui, eux, ne sont pas revenus. "Nous
avons été arrêtés le 4 août
1942, dénoncés par le passeur", se souvient-il.
Sur la photo, Tino, 5 ans, serre son ours blanc, Jacques,
13 ans, tient un livre.
"Il
y a tellement de promesses dans le regard de ces enfants,
on ne sait pas mesurer ce qu'on a perdu", réagit
la députée guyanaise Christiane Taubira, très
émue. Elle est venue, comme nombre de ses collègues,
voir cette exposition, accessible aux parlementaires ainsi
qu'aux visiteurs de l'Assemblée, qui depuis mars 2002
voyage dans les gares des grandes villes françaises.
"Les
mots sont faibles devant la réalité", devant
l'"horreur", mais il faut "dire simplement,
le plus simplement possible à nos enfants: +oui cela
a existé+", affirme M. Debré.
Ces
enfants sont "restés trop longtemps anonymes dans
les poubelles de l'Histoire", déclare M. Klarsfeld,
qui précise qu'au total ce sont 76.000 Français
qui ont été déportés. "76.000
crimes contre l'humanité qui ont rendu l'occupation
allemande particulièrement inhumaine", ajoute-t-il,
répondant ainsi sans le citer aux récentes déclarations
du président du Front national, Jean-Marie Le Pen.
Il
finit en demandant "de ne donner en aucun cas la possibilité
électorale aux ennemis de la République d'entrer
en cette enceinte par le biais d'une certaine dose de représentation
proportionnelle". "Nous ne voulons pas dans les
dernières années de notre vie, dit-il, entendre
à nouveau dans l'hémicycle les voix de ceux
qui nient la Shoah".
Source
: AP |