| Grosses
perturbations à la SNCF: les cheminots en grève après les postiers
De
grosses perturbations sont attendues mercredi à la
SNCF en raison de l'appel à la grève lancé
par sept syndicats pour dénoncer les 3.590 suppressions
d'emplois du budget 2005, les cheminots prenant ainsi le relais
des postiers dont la mobilisation s'est avérée
inégale mardi.
Selon
la SNCF, cette grève nationale annonce d'importantes
perturbations de trafic, avec en moyenne un TGV sur trois,
un Corail sur 4, un service variable sur les TER et 16% à
40% de trains sur la banlieue parisienne. Le trafic Eurostar
sera normal et celui du Thalys légèrement perturbé.
Numéros d'appel, informations dans les médias,
distribution de prospectus dans les gares: la SNCF a déployé
pour l'occasion une importante campagne d'information pour
renseigner le public en temps réel sur l'état
du service.
Sept
syndicats sur huit (CGT, CFDT, FO, CFTC, Unsa, Fgaac, Sud
Rail) ont appelé les quelque 168.300 cheminots à
la grève pour dénoncer le projet de budget 2005
qui doit être adopté mercredi par le conseil
d'administration.
Rejeté à l'unanimité par le comité
central d'entreprise le 11 janvier, ce budget, qualifié
de "rude" par le président de la SNCF lui-même,
Louis Gallois, prévoit 3.590 suppressions d'emplois,
sans licenciement.
Les
syndicats dénoncent en particulier la cure d'amincissement
infligée au trafic marchandise (fret), alors que l'inquiétude
grandit parmi les personnels à la perspective d'une
libéralisation élargie dans le cadre européen.
CGT,
CFDT, FO, CFTC, Unsa et Fgaac appellent à la grève,
selon un préavis qui court de mardi 20H à jeudi
8H. Sud Rail a de son côté déposé
un préavis de grève "illimité".
La
journée de mercredi sera marquée par ailleurs
par un mots d'ordre de grève chez les électriciens
et gaziers, appelés à un arrêt de travail
de 24H par la CGT et de 4H par FO. Ces syndicats entendent
dénoncer un projet industriel où ils voient
une menace pour des milliers d'emplois.
Par
ailleurs dans la santé, le collectif Chirurgie hôpital
France appelle à la grève pour de meilleures
rémunérations et une réorganisation des
blocs.
Dans
la justice enfin, le syndicat de la magistrature (SM) a lancé
un mot d'ordre de grève pour protester contre la proposition
de loi anti-récidive et les juges de proximité.
Rendez-vous est pris, "robe sur le bras", à
12H près de l'Assemblée nationale.
Cette
semaine sociale remuante a été inaugurée
mardi par les postiers dont la mobilisation a été
inégale, suivant les services et régions.
CGT,
SUD, FO et CFTC dénonçaient la fragilisation
du réseau des bureaux de Poste, les menaces sur l'emploi
et la libéralisation des activités, à
l'occasion du début de l'examen par les députés
d'un projet de loi autorisant notamment la création
d'une banque postale.
Selon
la direction de La Poste, 15,4% des postiers ont fait grève,
tandis que la CGT-PTT faisait état de "25 à
30% de grévistes", et SUD-PTT, d'"au moins
20%".
Des
rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes, notamment
à Paris (entre 450 et 700 personnes). Emmenés
par Olivier Besancenot, postier et figure de la Ligue communiste
révolutionnaire (LCR), 80 agents ont manifesté
devant le domicile du président de l'UMP, Nicolas Sarkozy,
à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).
Pour
sa part, le gouvernement maintient le cap: Jean-François
Copé, son porte-parole, a interpellé les grévistes.
Il a lancé "un appel à la responsabilité",
défendant les réformes, alors que le PS apportait
lui "son soutien" aux grévistes.
Quant
à Ernest-Antoine Seillière, présidant
du Medef, il a invité le gouvernement à ne pas
céder, demandant simplement: "Où est le
service minimum promis par le chef de l'Etat en juillet dernier?"
Source
: AFP |