| Grèves:
la gauche solidaire, la droite reste ferme
Les
députés ont fait leur rentrée mardi au
moment où s'engage un large mouvement social dans le
secteur public, la gauche exprimant sa solidarité avec
des salariés "boucs émissaires" et
ce "cri de la France profonde", alors que la droite
s'est voulue "attentive" mais ferme.
"Pour
la première fois depuis longtemps, il y a un frémissement
en terme de mouvement social dans notre pays", relevait
le député UMP Christian Estrosi dans les couloirs
de l'Assemblée. "Je trouve que c'est plutôt
un bon signe dans la démocratie", a dit ce sarkozyste
à l'AFP, ajoutant que le gouvernement et le Parlement
doivent se montrer "attentifs à toutes les revendications
sociales".
Mais, il a prévenu que "tout en respectant cet
esprit de dialogue, nous (la majorité) sommes fermement
décidés à aller jusqu'au bout".
Pour
Hervé Mariton (UMP), "dans un monde qui bouge,
le secteur public doit bouger" et "tout le monde
comprend qu'il faut bouger", même si les syndicats
"marquent le coup cette semaine". "Les choses
sont difficiles, mais il ne faut pas croire que les politiques
font semblant de l'ignorer (...) on continue l'explication",
a-t-il martelé.
A
l'inverse, lors des questions d'actualité, la gauche
a fustigé la politique du gouvernement et a exprimé
sa solidarité avec les salariés en grève.
"Les
cris de la rue, on les entend d'ici", a lancé
en séance le député PCF Michel Vaxès.
Même expression chez Ségolène Royal (PS),
qui, dans les couloirs, a parlé d'"un cri de la
France profonde". Pour elle, "il y a une profonde
inquiétude parce que les Français ne savent
plus tout le sens des efforts qui leur sont demandés".
Le
président du groupe PS Jean-Marc Ayrault a également
interpellé le gouvernement: "Que signifie l'autorité
de l'Etat quand les services publics ne peuvent plus assumer
l'égalité de traitement des usagers, soit parce
que les moyens sont diminués comme à la SNCF
ou à l'Education nationale, soit parce que vous les
transformez en entreprise commerciale, à l'exemple
du nouveau statut de la Poste".
"Comment
ne pas comprendre la protestation générale des
agents publics devenus boucs émissaires d'un gouvernement
qui ne les aime pas", avait-il dit auparavant, lors de
ses voeux à la presse, jugeant "prévisible"
ce mouvement social "tant les pénalités
se sont accumulées depuis trois ans sur le monde du
travail".
Même
analyse de la part du patron du PS François Hollande
qui a dénoncé "le mépris" du
gouvernement à l'égard des fonctionnaires.
Répondant
à M. Vaxès, Renaud Dutreil, ministre de la Fonction
publique, a affirmé que "la considération"
envers les fonctionnaires "ne doit pas conduire à
l'immobilisme et à la démagogie". "Notre
tâche aurait été plus facile si les donneurs
de leçon d'aujourd'hui n'avaient pas été
les mauvais gestionnaires d'hier", a-t-il répliqué.
Pour
l'UDF, François Sauvadet a fait entendre une voix divergente
de l'UMP, jugeant que le mouvement social dans le secteur
public traduisait "un malaise profond", qu'il fallait
"entendre et prendre au sérieux" car il touchait
"beaucoup de catégories sociales".
Pour
Maxime Gremetz (PCF), ces mobilisations sont le signe d'un
changement dans la situation sociale française.
Estimant
qu'après "l'échec des luttes contre les
grandes réformes, il y a eu un peu de fatalisme",
M. Gremetz a affirmé que "cette période
de résignation était passée". "Si
le gouvernement s'entête, on va aller vers un développement
multiforme des mouvements sociaux", a-t-il prédit.
Source
: AFP |