| Trois
jours de grève dans le secteur public, des perturbations à la
clé Les
salariés du public se mobilisent trois jours durant
pour les salaires, l'emploi et les services aux usagers, dans
le cadre d'appels à la grève qui affecteront
la Poste mardi, la SNCF mercredi et les écoles jeudi.
Interrogés
sur cette déferlante de mobilisation dans le secteur
public, 65% des Français ont indiqué lundi "soutenir"
ou "avoir de la sympathie" pour le mouvement, selon
un sondage CSA pour Le Parisien/Aujourd'hui en France.
A titre personnel, 75% des personnes interrogées se
disent prêtes à aller manifester pour "défendre
leur pouvoir d'achat", 59% pour "défendre
les services publics" et 47% pour "défendre
les 35 heures".
Selon
la CGT, "il s'agit bien d'un mouvement largement en phase
avec les préoccupations des usagers, qui vise à
défendre le droit pour tous d'accéder à
des véritables services collectifs sur tout le territoire".
Vidéo: cliquez ici pour voir la vidéo
Le gouvernement a souhaité par la voix du ministre
de la Fonction publique Renaud Dutreil que cesse "la
guerre entre les deux France, celle du secteur public et celle
du secteur privé", jugeant que les appels à
la grève de cette semaine étaient "un symbole"
de leur opposition persistante.
Ce
sont les postiers qui ouvrent la marche mardi avec un appel
à la grève de la CGT, SUD, FO et la CFTC pour
dénoncer la libéralisation du secteur et marquer
leur refus d'une banque postale, conséquences directes
du projet de loi de régulation postale dont les députés
entament l'examen le même jour.
Des
manifestations de postiers sont prévues dans les départements
et, à Paris, un rassemblement est organisé près
de l'Assemblée nationale.
Interrogée
par l'AFP, la direction de La Poste a indiqué "prendre
des dispositions afin de minorer les inconvénients
susceptibles d'apparaître pour les clients", sans
être en mesure à ce stade d'en mesurer l'impact.
C'est
à ces mêmes usagers que se sont adressées
lundi les fédérations de cheminots, qui appellent
à une grève de 24H pour mercredi, en soulignant
que "moins d'emplois, ça veut dire moins de guichetiers,
de contrôleurs et d'agents de maintenance des infrastructures".
"Cela continuera à dégrader la qualité
de service rendu aux usagers", ont-elles prévenu.
La
CGT, Sud-Rail, Unsa, FO, la CFTC, la CFDT, la Fgaac dénoncent
le budget 2005 de la SNCF qui consacre 3.590 suppressions
d'emplois.
La
SNCF prévoit en moyenne 1 TGV sur 3, 1 train Corail
sur 4, et un trafic de 16% à 40% en banlieue parisienne.
Toujours
mercredi, électriciens et gaziers sont appelés
à la grève pour dénoncer le projet industriel
d'EDF, tandis que des chirurgiens hospitaliers cesseront le
travail pour une revalorisation de leurs rémunérations.
Jeudi,
les quelque 5 millions de fonctionnaires sont appelés
par six de leurs fédérations à faire
grève contre la "rigueur salariale", mais
aussi pour défendre leurs emplois et leurs missions
de service public.
Les
agents grévistes se verront ôter une journée
de salaire, a prévenu M. Dutreil.
Des
manifestations sont prévues en régions et à
Paris. Les personnels de l'Education nationale dénoncent
la loi d'orientation sur l'école et ont prévu
jeudi une cinquantaine de manifestations en province. Certaines
écoles ont déjà fait savoir aux parents
qu'elles ne pourraient accueillir leurs enfants ce jour-là.
Toujours
jeudi, l'Intersyndicale de défense de la psychiatrie
publique appelle à une journée d'action et de
grève, tout comme les urgentistes.
Le
calendrier des grèves cette semaine
MARDI
18, LES POSTIERS:
-
A La Poste, CGT, SUD, FO et CFTC appellent les 300.000 fonctionnaires
et contractuels à une grève de 24 heures, à
l'occasion du début de l'examen par les députés
du projet de loi relatif à la régulation des
activités postales. Celui-ci transpose les directives
européennes libéralisant les services postaux
et permet à d'autres opérateurs de venir concurrencer
la Poste. Un rassemblement est prévu à 13H30
devant l'Assemblée nationale.
MERCREDI
19, LES CHEMINOTS, ELECTRICIENS ET GAZIERS:
-
A la SNCF, CGT, FO, Unsa, Fgaac, CFTC et CFDT appellent à
24 heures de grève contre le projet de budget 2005
que le Conseil d'administration de la SNCF doit adopter le
même jour. Sud Rail, pour sa part, a lancé un
mot d'ordre de "grève illimitée".
Le budget (3.590 suppressions d'emplois prévues) a
été qualifié de "rude" par
le président de la SNCF, Louis Gallois, qui parle toutefois
d'"un budget d'avenir", avec "une croissance
très forte d'investissements".
-
A EDF-GDF, la CGT appelle à 24 heures de grève,
FO à un débrayage de quatre heures, à
l'occasion d'un conseil d'administration d'EDF consacré
au projet industriel de l'entreprise. La CGT redoute que,
d'ici fin 2007, ne disparaissent entre 12.000 et 15.000 postes.
La
CGT (53% des salariés) dénonce également
l'accord de branche sur la protection sociale, signé
par les seules CFTC et CGC et contre lequel, avec la CFDT
et FO, elle a fait valoir son droit d'opposition.
-
Dans les hôpitaux, le collectif Chirurgie hôpital
France appelle les 3.100 chirurgiens à une journée
de grève. Il revendique la réorganisation des
blocs opératoires et une revalorisation de 15% de la
rémunération des chirurgiens.
JEUDI
20, LES FONCTIONNAIRES, DONT LES ENSEIGNANTS:
-
Dans l'Education nationale, FSU, Unsa-Education, Sgen-CFDT,
Ferc-CGT et FAEN appellent à une journée nationale
de grève et de manifestations, la première depuis
le 25 mai, pour réclamer "l'abandon" du projet
de loi d'orientation sur l'école.
-
Dans la Fonction publique, les six fédérations
syndicales appellent les cinq millions d'agents à la
grève et à des manifestations, après
l'échec des négociations salariales avec le
ministre, Renaud Dutreil. Une manifestation est prévue
à Paris, de République (14H) à Saint-Augustin.
Elle sera rejointe par les participants à la manifestation
(11H30 de Nation à République) des personnels
des établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux.
-
A La Poste, CFDT et Unsa-Postes ont décidé de
se joindre à la grève des fonctionnaires, alors
qu'elles n'appellent pas à celle de mardi.
-
Dans la santé, l'Intersyndicale de défense de
la psychiatrie publique (IDEPP) convie à une journée
d'action et de grève, l'Association des médecins
urgentistes hospitaliers de France (Amuhf) appelle l'ensemble
des médecins hospitaliers à des arrêts
de travail.
Source
: AFP |