| La
vallée de la Durance redoute les "licenciements boursiers" de
Total Les
salariés de l'usine chimique Arkema de Saint-Auban
(Alpes-de-Haute-Provence), mais aussi des élus et des
habitants de tout le département, ont manifesté
lundi leur inquiétude sur l'avenir de ce site, filiale
du groupe Total et "poumon économique" de
la région.
Jusqu'à
un millier de personnes selon les gendarmes, de l'ordre de
2.500 selon les syndicats ont entendu le message de crainte
délivré par les élus du personnel, dans
un rassemblement quasiment silencieux de deux heures devant
l'entrée de cette usine des bords de la Durance employant
720 salariés.
Le
député et président du conseil général
Jean-Louis Bianco (PS) et les parlementaires du département
ont lancé un appel contre les menaces de "licenciements
boursiers" par Total chez Arkema, après avoir
rencontré dans l'après-midi à Paris le
PDG du groupe Total, Thierry Desmarest.
"Le
seul engagement pris par le PDG de Total est celui de tenter
de maintenir une activité industrielle pérenne
et substantielle en cessant l'hémorragie financière",
a précisé Daniel Spagnou, député-maire
UMP de Sisteron. "M. Desmarest nous a indiqué
qu'une décision sera prise d'ici un mois à un
mois et demi", a dit M. Bianco.
A
Saint-Auban, les représentants de l'intersyndicale
ont stigmatisé les conséquences locales des
"opérations financières" menées
par le groupe pétrolier, qui a annoncé en octobre
que sa filiale Arkema regroupant les activités chloro-chimiques,
devait sortir du groupe en 2006.
L'inquiétude
a depuis gagné les 5.000 habitants de Saint-Auban et
de sa région, dont l'activité est totalement
tributaire de l'avenir d'Arkema, plus grande entreprise privée
du département.
"Il
n'y a pas encore de décision prise, mais les menaces
sont très importantes", a lancé Bernard
Carmona, secrétaire CGT du comité d'entreprise.
Dans
un communiqué du 6 novembre, la direction d'Arkema
avait indiqué que le site de Saint-Auban était
"pénalisé par quelques faiblesses",
en particulier "un prix du sel relativement élevé,
notamment à cause de l'éloignement géographique
de notre source d'approvisionnement".
Le
sel, que le site d'Arkema achète à la Compagnie
des Salins du Midi, à Salins-de-Giraud, en Camargue,
entre dans la production de chlore, activité principale
de l'usine. Raouti Zenasni, secrétaire CGT du comité
d'entreprise des Salins, craint que les 350 salariés
ne "fassent les frais" à leur tour d'une
restructuration chez Arkema.
C'est
aussi le spectre d'une réaction en chaîne sur
le tissu local qui a poussé une centaine d'élus
locaux à assister au rassemblement. "Nous vous
serons fidèles dans ce combat", a assuré
Eliane Barreille, vice-présidente de l'association
des maires du département.
L'usine
de Saint-Auban a entraîné la création
d'environ 3.000 emplois induits, et une grande activité
de fret SNCF pour acheminer le sel depuis la Camargue.
Source
: AFP |