| Mont
Sainte-Odile: nouvelles charges contre un ancien directeur d'Airbus
De
nouvelles charges ont été retenues lundi contre
un ancien directeur technique d'Airbus Industrie après
un rapport faisant état d'un dysfonctionnement de l'appareil
de mesure de distance de l'A-320 dans l'instruction de la
catastrophe du Mont Sainte-Odile, a-t-on appris auprès
de son avocate.
Bernard
Ziegler, 72 ans, avait été mis en examen en
janvier 1997 pour "homicides et blessures involontaires",
en relation avec "l'ergonomie du mode de descente de
l'appareil".
Selon
Me Muriel Brouquet-Canale, ces charges d'homicides et blessures
involontaires sont désormais également liées
au dysfonctionnement du DME (Distance measuring equipment)
de l'avion qui s'est écrasé le 20 janvier 1992,
faisant 87 morts et laissant 9 survivants.
En
octobre, un nouveau rapport d'expertise avait confirmé
l'hypothèse d'un dysfonctionnement de cet appareil
qui permet à l'avion de se situer par rapport à
des balises, déjà envisagée par un pré-rapport
en janvier 2004.
"Mon
client conteste radicalement les conclusions de cette expertise",
a commenté lundi Me Brouquet-Canale, qui a estimé
que les deux causes de mise en examen de son client étaient
"incompatibles".
Plusieurs
acteurs de ce dossier, dont M. Ziegler, l'association des
familles de victimes ECHO et les experts ayant signé
le dernier rapport, ont été réunis pendant
près de six heures lundi à Colmar dans le bureau
juge d'instruction qui a demandé un complément
d'expertise.
Les
experts devraient ainsi rendre leur rapport final sur le DME
fin février, en répondant aux observations et
contestations de deux des sept personnes mises en examen dans
cette affaire, a-t-on appris de source proche du dossier.
"Ca
devient vraiment très compliqué, on se demande
où ça va s'arrêter", a déploré
Alvaro Rendon, président d'ECHO, qui craint que les
nouvelles charges retenues n'allongent encore une procédure
de presque 13 ans.
L'association
ECHO, qui tiendra ce week-end son assemblée générale
annuelle à Strasbourg pour le 13e anniversaire du crash,
estime depuis le début que l'accident est lié
à une multiplicité de facteurs (défaut
de l'avion, erreur de contrôle aérien et défaillance
de la compagnie Air inter, devenue Air France). "Le DME
est pour nous secondaire dans l'accident", a précisé
M. Rendon.
Hormis
M. Ziegler, six autres personnes sont à ce jour mises
en examen pour homicides et blessures involontaires: trois
dirigeants d'Air Inter, deux cadres de la Direction générale
de l'aviation civile (DGAC) et un contrôleur aérien.
Source
: AFP |