| Au
siège historique de Dim, les salariés redoutent de nouveaux
licenciements Les
quelque 1.300 salariés de Dim à Autun (Saône-et-Loire),
siège historique de la marque de collants, redoutaient
lundi de nouvelles vagues de licenciements après l'annonce
par leur groupe, l'Américain Sara Lee, de la vente
de sa branche textile en Europe.
Depuis
son rachat en 1989, Dim est passée de 5.000 salariés
sur 16 sites à 2.350 salariés sur trois sites.
"L'annonce
de Sara Lee n'a pas été une surprise puisqu'un
audit avait été lancé sur toute l'activité
textile en Europe et des bruits circulaient depuis septembre.
Nos craintes sont maintenant confirmées, des employés
risquent de rester sur le carreau", explique Nuria Blanco,
déléguée CGT et membre du Comité
central d'entreprise.
Jeudi,
lors d'un CCE extraordinaire à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine),
près de la direction de Dim SA, la vente du textile
en Europe a été annoncée, ainsi que la
fermeture d'unités de Sara Lee en Angleterre et en
Irlande, rapporte Mme Blanco.
Aucune
piste d'éventuels repreneurs n'a été
donnée. "Allons-nous être rachetés,
et si oui, par qui ? Et à quel prix social ? Toutes
les catégories de personnels sont inquiètes",
selon Brigitte Martin, élue CFDT âgée
de 52 ans, qui travaille depuis ses 19 ans chez Dim, où
sont produits tout type d'articles de bonneterie.
Mme
Blanco nuance: "L'explication de la direction est que
le textile est rentable, mais moins que le reste du groupe
(alimentaire, hygiène...). Dans le textile, le plus
rentable est Dim, qui va valoriser l'ensemble de la vente.
Ils n'ont apparemment pas l'intention de brader le tout. Mais
s'ils commencent à dépecer, à vendre
par unités, on peut craindre le pire. Même si
la marque Dim devrait continuer d'exister".
"C'est
la crise dans le collant, en raison d'un effet de mode: les
gens mettent quasi exclusivement des pantalons, poursuit-elle.
Mais les collants, plus sophistiqués, sont vendus plus
chers, ce qui permet de maintenir la rentabilité"..
Sur
le site d'Autun se font le tricotage, la teinture, la distribution
et la recherche/développement. A Château-Chinon
(Nièvre), 160 salariés s'occupent de la confection
automatisée et du tricotage également. A Levallois,
sont rattachés 860 salariés dont les forces
de vente. "On peut légitimement penser qu'il y
aura de nouvelles restructurations et délocalisations",
affirme Mme Blanco, elle-même ouvrière à
la coupe.
Toute
la confection en lingerie se fait déjà dans
les pays de l'Est. La majeure partie de l'activité
d'assemblage des collants y est également sous-traitée.
"Les
industries de main-d'oeuvre disparaissent peu à peu
en France", souligne Frédéric Besacier,
délégué CFE-CGC. "Cela fait longtemps
que nous demandons des formations pour anticiper ces mutations.
Mais elles restent insuffisantes et ne permettent pas une
reconversion", déplore-t-il.
La
direction de Dim SA ne souhaitait pas s'exprimer lundi sur
la vente de la société.
Le
maire d'Autun, Rémy Rebeyrotte (PS), devait organiser
mardi une table-ronde de concertation avec les syndicats.
"Il a reçu des garanties de la part de la direction,
et se montre serein", selon son cabinet.
Source
: AFP |