| Debré
continue sa croisade contre Sarkozy
Jean-Louis
Debré a continué lundi de porter le fer contre
Nicolas Sarkozy, lui reprochant de "se démarquer
de tout le monde" au risque d'une "crise institutionnelle",
tandis que d'autres personnalités de droite aspirent
au contraire à calmer le jeu.
"Nicolas
Sarkozy, pour exister, doit se démarquer de tout le
monde (...) Or, un pays dans lequel le gouvernement est issu
de la majorité ne peut durer si cette majorité
ne le soutient pas", a affirmé le président
de l'Assemblée nationale.
Selon lui, le président de l'UMP se trouve "dans
une logique du +oui mais+, du +non si+, ou du +oui peut-être+".
"Si jour après jour, le chef du parti majoritaire
se démarque, s'oppose au chef du gouvernement, le gouvernement
ne peut plus s'appuyer sur une majorité et il peut
y avoir une crise institutionnelle", a-t-il ajouté.
M.
Sarkozy a indiqué à plusieurs reprises ces derniers
jours qu'il souhaitait voir élu par les adhérents
de l'UMP le candidat que son parti soutiendrait pour la présidentielle
de 2007. Une proposition qui a provoqué le courroux
du patron des députés qui n'hésite pas
à invoquer les mânes de son père, Michel
Debré, l'un des rédacteurs de la Constitution
de la Vè République.
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Se posant en gardien du temple de l'orthodoxie gaulliste -
selon laquelle l'élection présidentielle est
une affaire entre "un homme et le peuple français"
- M. Debré reproche à Nicolas Sarkozy rien moins
que de se placer dans une "logique d'affrontement"
susceptible de conduire à "une crise de régime".
"Si
Jean-Louis Debré veut expliquer aux adhérents
de l'UMP que leur demander leur avis, c'est ouvrir une +crise
de régime+, qu'il le fasse (...) Ces outrances ne méritent
pas davantage de commentaires", a sèchement répliqué
l'ancien ministre de l'Economie.
Pour
le député Luc Chatel, porte-parole de l'UMP,
le rôle d'un parti est d'être "une force
de propositions". "Nicolas Sarkozy n'a voulu s'opposer
à personne" en faisant sa proposition pour les
élections, a-t-il assuré, manifestement soucieux
d'apaiser la querelle.
D'autres
à droite font la même analyse et pensent même,
notamment dans l'entourage de Jacques Chirac, que "Debré
en fait trop".
Un
ministre, réputé chiraquien, fait ainsi remarquer
qu'un parti politique est "un laboratoire d'idées"
et qu'"un président de parti doit avoir une parole
libre".
"Il
faut laisser Sarkozy lacher des bulles. Ca fait partie de
sa fonction" affirme le même, ajoutant: "ce
qui m'ennuie, c'est que tout le monde tombe sur Sarkozy. Si
on continue comme cela, on va à la catastrophe. C'est
dangereux de parler comme Debré le fait de +crise institutionnelle+.
Il ne faut pas être réactif à ce point".
En
fin de semaine dernière, plusieurs ministres avaient
exprimé leur désaccord avec M. Sarkozy, Michèle
Alliot-Marie, notamment, qui avait ironisé sur le fait
qu'elle n'avait "rien trouvé de très nouveau
dans les idées" de Nicolas Sarkozy.
Toujours
sur ce même sujet de la désignation du candidat
soutenu par l'UMP en 2007, Jean-Pierre Raffarin et son ministre
de l'Education nationale, François Fillon, avaient
également exprimé leur désaccord, en
évitant toutefois d'employer un langage polémique.
Enfin,
Dominique de Villepin, ministre de l'Intérieur, s'est
lui aussi, dans son domaine, efforcé de calmer le jeu
avec le patron du parti majoritaire. Alors qu'il s'était
dans un premier temps opposé à l'idée
des quotas d'immigration émise par M. Sarkozy, il a
affirmé lundi: "les points de vue se rapprochent.
Aujourd'hui, nous disons la même chose".
Source
: AFP |