| Services
publics: le coup de semonce des syndicats
Les
syndicats du secteur public n'entendent pas limiter leur mouvement
à la semaine qui commence à moins d'obtenir
immédiatement gain de cause. Et même si le ministre
de la Fonction publique Renaud Dutreil rappelle que les journées
de grève ne seront pas payées, dans les états-majors
syndicaux, on envisage déjà la suite.
"La
plupart des mouvements annoncés dans la semaine traduisent
une montée certaine de la colère, qui pourrait
déboucher sur une unité très large"
assure Patrick Hallinger, secrétaire national de l'Union
générale des fédérations de fonctionnaires
CGT (UGFF-CGT).
"On
ne s'arrêtera pas jeudi", jour d'une grève
unitaire dans toute la Fonction publique, prévient-il.
"Ce qui frappe, c'est la détermination des organisations
syndicales. Le gouvernement ne s'en sortira pas par une pirouette".
Le
secrétaire général de la Fédération
syndicale unitaire (FSU, premier syndicat de l'Education et
de la Fonction publique d'Etat) Gérard Aschieri note
de son côté "une multiplication des mouvements
sectoriels", avec comme "élément nouveau
la capacité des syndicats à lancer des initiatives
qui rassemblent ces mouvements".
"Il
y a un an" rappelle-t-il "le problème des
salaires (la principale revendication des syndicats de fonctionnaires
pour la grève de jeudi, NDLR) "était le
même. Et la seule chose que nous étions en capacité
de faire, c'était de boycotter le Conseil supérieur
de la Fonction publique".
Revendications
salariales, mais également suppressions de postes,
restrictions budgétaires, lancement de réformes
rejetées par la plupart des syndicats, "quand
le gouvernement dit qu'il ne bougera pas, à un moment
ou un autre, la persistance et l'aggravation de la politique
menée a pour effet de remobiliser" estime M. Aschieri.
Face
à la grogne montante, Renaud Dutreil rappelle dans
un entretien au "Journal du Dimanche" que les fonctionnaires
qui participeront à la grève ne seront pas rémunérés
ce jour-là
Sur
ce point, Gérard Aschieri se demande si le ministre
cherche à "dissuader" les fonctionnaires,
ou s'il tente de les "discréditer" auprès
de l'opinion en laissant entendre "que le recours à
la grève ne leur coûterait habituellement rien".
Il
explique en tout cas que "les militants sont très
demandeurs d'une convergence" des mouvements sociaux
et que, s'il y a une suite à cette semaine, "la
question va être de savoir comment on tient sur la durée".
Les
syndicats de fonctionnaires se préparent d'ores et
déjà à appeler à se joindre aux
manifestations prévues le 5 février prochain
par quatre grandes confédérations (CGT, CFDT,
CFTC et FO) pour la défense des 35 heures, des salaires,
de l'emploi, et du code du travail. "Le 5 va servir de
rebond" confirme le secrétaire général
de la FSU qui souhaite que cette journée permette de
"faire le lien" entre les fonctionnaires et les
salariés du privé.
La
mobilisation devrait ensuite marquer le pas en raison des
congés scolaires, et reprendre à compter de
la deuxième semaine de mars. Si les syndicats parviennent
à lancer un mouvement d'ampleur.
Source
: AP |