| Indonésie:
l'armée française commence à distribuer des vivres
L'armée
française a commencé dimanche à distribuer
de l'eau et des rations alimentaires dans des villages indonésiens
coupés du monde par le raz-de-marée du 26 décembre.
A
une cinquantaine de kilomètres au nord de Meulaboh,
la côte de l'île de Sumatra (Indonésie)
est totalement ravagée sur deux kilomètres de
profondeur: c'est un gigantesque champ de boue où flottent
les débris de ce qui fut des villages, des ponts, des
maisons et des champs.
Après
avoir décollé du bâtiment français
"Jeanne d'Arc", positionnée au large de Meulaboh,
deux hélicoptères Puma chargés de 1,3
tonne de bouteilles d'eau et de rations alimentaires, ont
commencé par repérer les villages. Mais pour
le chef des deux équipages de l'Aviation légère
de l'Armée de Terre (Alat), le commandant Stéphane
Geblé, "ça manque cruellement de coordination".
A
Tanomayang, à une soixantaine de kilomètres
au nord de Meulaboh, il explique sa méthode pour choisir
depuis le ciel les villages à ravitailler: "ceux
qui ont un drapeau rouge et blanc ont déjà été
approvisionnés par l'armés singapourienne, et
la présence de tentes bleues indique que d'autres ont
déjà reçu de l'aide". Il cherche
donc les plus isolés. Les habitants de Tanomayang --700
habitants avant le tsunami, 200 aujourd'hui-- n'avaient pas
reçu d'aide depuis trois semaines. "Les Américains
ont évacué les blessés juste après
le raz-de-marée, depuis nous, nous ravitaillons dans
les villages voisins", explique l'un d'eux, Samul Bari.
Soucieux
de ne surtout pas faire comme les Américains qui, à
quelques mètres au dessus du sol, jettent les vivres
à des villageois accourus sous l'hélicoptère,
les équipages ont rodé un scénario en
deux temps. Une fois le village repéré, un premier
hélicoptère qui ne transporte pas de vivres
se pose, et sept légionnaires en descendent au plus
vite, empêchant la population de s'approcher. S'il y
a foule, comme à Tanoyamang, ils leur ordonnent de
se mettre en ligne, tout en cherchant le chef du village à
qui ils vont s'adresser grâce à un interprète,
un officier indonésien en formation à bord de
la "Jeanne d'Arc".
Le
deuxième appareil se pose alors et la cargaison est
distribuée de la main à la main dans le calme.
"Mon seul souci est qu'il y ait un semblant d'ordre,
sinon je ne pose pas le deuxième appareil", explique
le commandant Geblé, tandis que le lieutenant Xavier
Santos, qui dirige le groupe des légionnaires, demande
à l'interprète de faire taire la foule. "Dis
leur bien qu'il y en a pour tout le monde, mais explique leur
surtout que çà, c'est immangeable", insiste
le commandant Geblé en sortant d'une ration des pastilles
de parafine destinées à chauffer le plat.
Le
lieutenant Santos se fait confirmer que des cadavres gisent
encore dans la boue non loin du village et note tout en vue
d'une éventuelle mission qu'effectuera peut-être
son groupe du génie embarqué sur la "Jeanne
d'Arc". A Temon, 50 km de Meulaboh --18.000 habitants
avant le 26 décembre, 10.000 aujourd'hui--, l'armée
indonésienne est là depuis plusieurs mois et
le lieutenant Heru Purnomo explique qu'elle participe au nettoyage
du village et à l'acheminement de l'aide.
"On
a les stocks d'aide humanitaire à Banda Aceh et Meulaboh,
on a identifié les besoins avec les autorités
de tous les villages, mais l'acheminement est le gros problème",
confirme Devrig Velly, membre de l'ONG "Action contre
la Faim" qui prend contact avec le commandant Geblé.
Source
: AFP |