| Premiers
coups de pelle pour rendre au Mont-Saint-Michel son insularité
Les
travaux de terrassement pour rendre son insularité
au Mont-Saint-Michel (Manche), qui devraient durer cinq ans,
viennent de débuter pour un budget désormais
estimé à plus de 190 millions d'euros.
En
1982, une première évaluation avait fixé
à 74 millions d'euros le coût nécessaire
à la réalisation de ce projet de désensablement
de la baie. Puis en 1995, lors du lancement officiel de l'opération,
ce montant était passé à 134 millions
d'euros, répartis entre les collectivités territoriales
et l'État, avec les contributions de l'Union européenne
et de l'Agence de l'Eau.
L'État devait apporter 65 millions d'euros, les régions
Basse-Normandie et Bretagne respectivement 26 et 4,5 millions
d'euros et les départements de la Manche et de l'Ile-et-Vilaine,
respectivement, 8,5 et 4,5 millions d'euros.
Mais
cette semaine, Philippe Duron, président du conseil
régional de Basse-Normandie et président du
syndicat mixte chargé de la maîtrise d'ouvrage
du projet, a annoncé que le budget pourrait être
augmenté de 57 millions d'euros.
Il
reste donc au syndicat mixte pour le rétablissement
du caractère maritime du Mont-Saint-Michel, site touristique
le plus visité de France après la tour Eiffel
et Versailles, et classé depuis 1979 au patrimoine
de l'Unesco, à faire un nouveau tour de table auprès
des actuels partenaires.
Cette
nouvelle évaluation du coût du projet s'explique
notamment par une estimation insuffisante du coût de
l'évacuation des tonnes de sédiments qui continuent
d'affluer chaque jour au pied du célèbre rocher.
D'autre
part, la navette prévue initialement pour le transport
des visiteurs entre la terre ferme et le Mont ne serait plus
suffisante pour un site visité chaque année
par plus de 3,2 millions de personnes.
Ce
surcoût ne devrait toutefois pas entraîner une
remise en question du projet, qui reste l'une des priorités
du Conseil régional de Basse-Normandie.
Ainsi,
depuis quelques jours, les premiers travaux concernant l'environnement
du site ont débuté. Il s'agit de creuser une
douzaine de mares d'ici fin février afin d'aménager
un nouveau lieu d'habitat à une espèce rare
de batracien, le pélodyte ponctué, un petit
crapaud gris tacheté de vert vif qui a élu domicile
dans l'anse de Moidrey, à 4 kilomètres en amont
de l'embouchure du Couesnon, là même où
doit voir le jour un bassin de stockage des eaux.
Le
lit du Couesnon, une fois nettoyé, servira en effet
de réservoir à un important barrage hydraulique.
Ce barrage remplira le fleuve d'eau de mer à marée
haute avant de la libérer à marée basse,
provoquant un effet de chasse d'eau destiné à
faciliter l'élimination des sédiments accumulés
autour du Mont.
Concernant
les deux principaux chantiers, la construction du barrage
et la destruction de l'actuelle digue qui sert de parking
et de voie d'accès au Mont, pour le moment aucune date
n'est avancée.
Source
: AFP |