| Soirée
de mobilisation à Paris pour Florence Aubenas, disparue en Irak
Plusieurs
centaines de personnes se sont rassemblées jeudi soir
à l'Institut du Monde Arabe à Paris à
l'occasion d'une soirée de mobilisation pour Florence
Aubenas, envoyée spéciale du journal Libération
en Irak, et son accompagneur irakien, dont on est sans nouvelles
depuis huit jours.
Le
président de l'IMA, Yves Guéna, et le secrétaire
général de Reporters sans Frontières
(RSF) Robert Ménard, qui ont organisé cette
soirée, ont accueilli la famille de Florence Aubenas.
Le directeur de la rédaction de Libération Antoine
de Gaudemar a dit à l'AFP qu'il avait rencontré
dans la journée le président intérimaire
irakien Ghazi al-Yaouar, en visite à Paris, qui s'est
montré "très chaleureux" et a fait
preuve de "beaucoup de sollicitude". Son entourage
a souligné qu'il n'avait pas parlé d'"enlèvement"
mais de "disparition" de Florence Aubenas.
De
son côté, Robert Ménard a indiqué
que "pour l'instant, on ne peut parler que de disparition
car il n'y a aucune revendication". Il a rappelé
qu'il s'était passé huit jours avant que la
chaîne de télévision Al-Jazira ne publie
une revendication de l'enlèvement de deux journalistes
français, Christian Chesnot et Georges Malbrunot, par
l'Armée islamique en Irak. "Il n'y a encore rien
d'angoissant" dans le silence d'éventuels ravisseurs
de Florence Aubenas et de son accompagnateur irakien Hussein
Hanoun Al Saadi, a-t-il estimé.
Le
président al-Yaouar a exprimé jeudi, à
l'issue d'un déjeuner à l'Elysée avec
le président français Jacques Chirac, sa "tristesse
pour l'enlèvement" de Florence Aubenas et affirmé
que "le gouvernement irakien fait tout ce qui est en
son pouvoir pour obtenir la libération de cette journaliste
et de son accompagnateur", selon la traduction de ses
propos. "C'est une autre manifestation du terrorisme
aveugle qui ne fait aucune distinction entre les être
humains, les religions, les sexes ou la nationalité",
a-t-il ajouté, selon cette traduction.
A
l'origine, cette soirée avait pour but de remercier
tous ceux qui se sont mobilisés pendant la détention
des deux journalistes français Christian Chesnot et
Georges Malbrunot.
Ceux-ci
ont dit qu'ils se "retrouvaient plusieurs mois en arrière".
Georges Malbrunot s'est dit "certain que Florence ne
perdrait pas son sang-froid". Il a insisté sur
la nécessité de se mobiliser, dans "l'unité
nationale".
M.
Guéna avait salué pour sa part la mobilisation
des musulmans de France, qui est "un signe du monde arabe
envers la politique arabe de la France". Il a aussi rendu
hommage aux autorités françaises, qui "sont
à la hauteur de leur tâche", selon lui.
Le
père de la journaliste, Benoît Aubenas, très
ému, a expliqué que "ces moments d'attente
sont insupportables". "Florence est présente
dans nos coeurs et dans nos pensées", "c'est
une fille formidable et une journaliste de grand talent",
a-t-il ajouté avant de remercier les autorités
françaises pour leurs efforts.
Libération
reçoit des centaines de lettres de soutien et de solidarité,
a dit M. de Gaudemar, soulignant qu'il est "frappant
de voir quelle trace de Florence gardent ses amis, ses confrères
et ses lecteurs". "Nous avons l'espoir de fêter
ensemble le retour de Florence et de Hussein le plus vite
possible", a-t-il ajouté devant une assistance
très émue, dans laquelle se trouvaient de nombreux
journalistes ainsi que plusieurs ambassadeurs de pays arabes.
Source
: AFP |