| Paris
réaffirme au président irakien son soutien pour la reconstruction
Le
président irakien par interim Ghazi al-Yaouar repart
samedi à Bagdad après une visite à Paris
durant laquelle les autorités françaises ont
réaffirmé leur soutien à la reconstruction
de son pays en proie au chaos, à deux semaines des
élections générales.
Cette
visite a eu lieu alors qu'une vive inquiétude plane
sur le sort de la journaliste française Florence Aubenas,
disparue avec son guide Hussein Hanoun al-Saadi à Bagdad.
Mais
la France, qui s'était fortement opposée à
la guerre menée en Irak par les Américains,
voulait profiter de cette visite, déjà deux
fois reportée, pour manifester un soutien ostensible
à ce pays qui sombre dans une violence croissante à
l'approche des élections du 30 janvier.
Le
recevant pour un entretien, suivi d'un déjeuner, jeudi,
à l'Elysée, le président Jacques Chirac,
principal opposant à la guerre en Irak, a ainsi délivré
au président al-Yaouar "un message de soutien
au processus de reconstruction politique et économique"
de l'Irak.
Paris
juge "capitale" la tenue des prochaines élections
alors que des voix de plus en plus nombreuses demandent un
report du scrutin afin de permettre une plus large participation
des sunnites - confession de M. al-Yaouar -, dont une grande
partie veut boycotter les élections.
M.
Chirac a de nouveau insisté sur le fait que "le
dialogue national devait être aussi large que possible",
incluant notamment ceux qui ont renoncé à la
violence.
En
réponse, M. al-Yaouar a assuré que "ce
seront des élections libres et honnêtes à
100%", appelant à "une participation la plus
large possible" à ce scrutin, qu'il souhaite voir
se tenir à la date fixée, en dépit de
la violence et du boycottage.
La
France marque aussi son soutien financier au pays dévasté
par la guerre, en ayant donné son accord à une
annulation pouvant aller jusqu'à 80% de la dette publique
irakienne, un effort de plus de quatre milliards de dollars,
souligne-t-on à l'Elysée.
Paris
a aussi proposé de former 1.500 gendarmes irakiens
- hors d'Irak - sur une période de dix-huit mois, indépendamment
des formations effectuées par la force multinationale
ou par l'Otan, selon un porte-parole du président irakien.
Avant
son arrivée à Paris, l'entourage du président
irakien indiquait qu'il voulait "relancer les relations,
anciennes et profondes, entre Paris et Bagdad, et remercier
M. Chirac pour avoir voté la résolution (1546
du Conseil de sécurité) transférant la
souveraineté à notre pays".
Mais
la disparition de la journaliste Florence Aubenas a jeté
une ombre à cette visite.
M.
al-Yaouar a affirmé que "le gouvernement irakien
fait tout ce qui est en son pouvoir pour obtenir la libération
de cette journaliste française et de son accompagnateur".
Le
président irakien devait être reçu vendredi
par le ministre des Affaires étrangères, Michel
Barnier. Le Quai d'Orsay a indiqué qu'il "n'y
avait pas d'élément nouveau" concernant
la disparition de la journaliste française.
Source
: AFP |