| Les
Verts devraient se choisir ce week-end une nouvelle direction
Les
Verts, en dépit de divisions au sein même de
leurs courants, devraient se choisir une nouvelle direction
ce week-end lors de leur Conseil national à Paris,
après l'échec du congrès de Reims où
ils n'étaient pas parvenus à élire un
nouveau Collège exécutif.
Depuis
le congrès, en décembre, les négociations
n'ont pas cessé dans chacun des quatre courants et
entre les courants, aboutissant vendredi à une situation
éclatée et rares étaient ceux qui se
hasardaient à un pronostic.
Trois
noms cependant semblaient se détacher pour le secrétariat
national, selon les indications recueillies auprès
de Verts de toutes tendances : Mireille Ferri, du courant
Rassembler (Noël Mamère, Dominique Voynet...),
Yann Wehrling, un des porte-parole de la direction sortante,
du courant Ecolo, et Sergio Coronado, membre aussi de la direction
sortante, du courant "Autonomie, ouverture, convergences"
(AOC), regroupement de militants issus de plusieurs anciens
courants.
Wehrling
et Coronado sont tous deux attachés parlementaires
d'élus appartenant à Rassembler, respectivement
du député européen Gérard Onesta
et du député de Gironde Noël Mamère.
Mireille Ferri est vice-présidente du conseil régional
d'Ile-de-France.
Des
réunions par courant, prévues vendredi soir,
pourraient toutefois changer encore la donne.
Dans
une première étape, les militants Verts avaient
voté en novembre sur plusieurs motions. "Rassembler"
était arrivée en tête (35,75% des voix),
suivie par RDV (Regain décidément Verts, 25,39%),
de Gilles Lemaire, le secrétaire national sortant.
Venaient ensuite Ecolo (19,87%) et AOC (17,9%).
Lors
du congrès, la commission ad hoc ou "commission
des 21" avait proposé au vote du Conseil national
interrégional (CNIR) plusieurs variantes de Collège
exécutif, avec à chaque vote élimination
de celle ayant obtenu le moins de voix, mais aucune n'avait
atteint le double seuil nécessaire de 50% des votants
et 60% des exprimés.
Le
problème avait donc été renvoyé
au CNIR suivant, à Paris.
A
ce jour, pas moins de neuf scénarios ont été
préparés pour être présentés
au vote du CNIR mais ils pourraient encore être revus,
la commission des 21 faisant le tri samedi matin.
"Rassembler"
estime que sa large victoire en novembre devrait lui valoir
le poste de secrétaire national, ce que lui dénient
les autres motions.
La
candidate de Rassembler pourrait bénéficier
des divisions internes des courants et récupérer
quelques voix d'Ecolo et d'AOC. Mais pas forcément
suffisamment pour contrer l'opposition farouche de RDV, qui
craint un "désir de revanche" de ceux qui
avaient perdu la majorité à Nantes, et pourrait
voter pour le candidat d'AOC.
"Les
combinaisons actuelles n'ont plus rien à voir avec
l'esprit de rassemblement autour du texte de synthèse",
voté à la quasi-unanimité lors du congrès
de Reims, fulmine Jean-Vincent Placé (AOC, région
Ile-de-France). "La stratégie +tout sauf Ferri+
est une stratégie auto-destructrice", ajoute-t-il.
Cette
situation a aussi provoqué la colère de Noël
Mamère (Rassembler), qui a recommandé à
ses amis de "rester dans la minorité".
Mais
Mireille Ferri reste déterminée : "on va
écarter cette possibilité jusqu'au bout",
a-t-elle indiqué à l'AFP.
Elle
reconnaît cependant un climat "délétère"
et souhaite que l'on revienne "à l'essentiel".
Se bagarrer, oui, "mais sur des sujets qui ont un sens",
dit-elle, comme les retraites, la crise énergétique,
la construction européenne.
Source
: AFP |