| Double
meurtre de Pau: les enquêteurs misent désormais sur la génétique
Près
d'un mois après le double meurtre à l'hôpital
psychiatrique de Pau, la police misent sur la génétique
pour retrouver le tueur, avec plusieurs centaines de prélèvements
et de tests effectués auprès du personnel de
l'établissement.
Jeudi,
une campagne de tests ADN menée auprès des employés
a pris fin une semaine après une campagne similaire
effectué parmi les patients.
"Une
telle opération aura le mérite de dédouaner
le personnel", observe un employé du Centre hospitalier
des Pyrénées (CHP). Cela permettra de "clarifier
la situation au sein de l'hôpital alors qu'une certaine
suspicion avait commencé à s'installer".
Ces
prélèvements seront confrontés à
l'ADN du meurtrier présumé, retrouvé
dans le pavillon où les corps affreusement mutilés
de l'infirmière et de l'aide-soignante ont été
découverts le 18 décembre.
Environ
400 employés ont été soumis à
ces prélèvements de salive doublés de
relevés d'empreintes digitales. Ces tests ont été
réalisés entre mardi et jeudi par la police
judiciaire dans la salle de théâtre du CHP.
La
police avait organisé la semaine dernière une
première campagne de prélèvements auprès
des patients masculins du CHP, avec un total de 240 personnes
testées, sans résultats.
En
cas d'échec de la nouvelle série de prélèvements,
la police pourrait orienter ses recherches vers les anciens
patients et les anciens employés masculins sur lesquels
des tests ADN pourraient également être organisés,
indique-t-on de source proche de l'enquête.
Parallèlement,
plus d'une quarantaine de personnes ont été
interpellées puis innocentées grâce à
leur ADN, en un peu moins d'un mois d'enquête. Une partie
de ces personnes ont été interpellées
à la suite de signalements transmis par l'hôpital
et par d'autres services de police en France.
L'empreinte
ADN du meurtrier a été parallèlement
confrontée au Fichier national automatisé des
empreintes génétiques (FNAEG), sans apparemment
donner de résultat.
La
douleur reste très forte parmi le personnel, qui observera
mardi à 13H30 une minute de silence dans la cour d'honneur
de l'hôpital, un mois exactement après le double
meurtre.
Ce
rassemblement devrait être suivi d'une assemblée
générale au cours de laquelle le personnel pourra
s'exprimer notamment sur les questions de sécurité
au sein de l'hôpital tandis que plusieurs réunions
sont prévues la semaine prochaine au sein de l'établissement
sur le même sujet.
Les
syndicats veulent que l'équipe de nuit reste renforcée
avec trois personnes (contre deux personnes avant le double
meurtre) jusqu'à ce que les portes et fenêtres
des pavillons fassent l'objet de mesures de renforcement.
L'intersyndicale
projette parallèlement d'organiser une marche silencieuse
dans les rues de Pau pour le 18 février, deux mois
après la tuerie.
"L'émotion
reste immense et la question principale (l'identité
du meurtrier, ndlr) toujours en suspens", résume
un membre du personnel. Beaucoup au sein de l'établissement
estiment que le tueur connaissait les lieux.
D'après
les relevés effectués dans le pavillon de psycho-gériatrie
Les Montbretias où la tuerie s'est déroulée,
le meurtrier s'est introduit puis s'est enfui par le même
vasistas. C'est à ce niveau notamment qu'il a laissé
plusieurs traces dont ses empreintes ADN.
Source
: AFP |