| Villepin:
"très bons chiffres" de la délinquance et "nouveaux défis"
La
délinquance a baissé en 2004 de 3,76%, la chute
annuelle "la plus forte depuis 1995", s'est félicité
vendredi le ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin,
qui veut "prendre la mesure des nouveaux défis
de la sécurité" comme les liens entre terrorisme
et grand banditisme.
Avec
3.825.442 crimes et délits contre 3.974.694 en 2003,
il s'agit de "très bons chiffres", a souligné
M. de Villepin, en présentant à la presse les
statistiques annuelles de la délinquance.
La baisse (8,4%) est encore plus importante pour la seule
délinquance de voie publique (vols à main armée,
vols avec violences, cambriolages, vols d'automobiles...).
Mais
s'agissant de violences contre les personnes, si elles marquent
une baisse pour la première fois, celle-ci (0,25%)
ne satisfait pas le "patron" des quelque 270.000
policiers et gendarmes, qui veut "aller beaucoup plus
loin". "Ce sera ma première priorité
pour 2005", a-t-il assuré.
En
matière de lutte contre le terrorisme, M. de Villepin
a relevé "315 interpellations" en 2004 contre
247 l'année précédente, qui "ont
permis la neutralisation de réseaux actifs sur notre
territoire".
Il
a notamment cité le démantèlement "par
la DST de la structure française du Groupe islamique
combattant marocain (GICM) à l'origine de l'attentat
de Madrid et qui est liée à Al-Qaïda".
A
ce propos, M. de Villepin, veut "prendre la mesure des
nouveaux défis de la sécurité",
du "profond changement" des menaces. Il a en particulier
pointé le "caractère international et le
fonctionnement en réseaux" de ces menaces, dont
celle du "terrorisme islamiste", soulignant que
la France "n'est pas un sanctuaire et doit rester vigilante
et mobilisée".
Il
a mis en avant "les connexions entre des individus liés
au terrorisme international, des trafiquants de stupéfiants,
des chefs de réseaux de contrefaçon". Pour
lui, "le noeud de tous ces réseaux, c'est le financement"
du terrorisme par le grand banditisme.
Quant
à l'immigration irrégulière "les
reconduites effectives à la frontière ont augmenté
de près de 40%: nous sommes passés de 11.000
reconduites en 2003 à plus de 15.000 en 2004".
M.
de Villepin propose la création d'un "véritable
service central de l'immigration regroupant l'ensemble des
services de l'Etat en charge de cette question", mais
s'est déclaré opposé à la création
d'un "quarante-troisième ministère",
comme l'avait suggéré la veille son prédécesseur
Nicolas Sarkozy.
Par
ailleurs, le ministre veut les policiers et gendarmes "plus
présents sur le terrain", mais pas n'importe comment:
en faisant porter "les efforts là où c'est
le plus nécessaire, le plus utile".
"Que
les policiers et les gendarmes soient présents aux
heures et aux lieux où le public ressent le plus l'insécurité"
a demandé M. de Villepin, citant "les transports,
les abords des écoles et les hôpitaux".
L'action
des forces de sécurité doit se faire dans "le
respect des règles de déontologie", a-t-il
insisté en révélant qu'en 2004 "le
nombre de révocations a été ainsi multiplié
par deux". Il est passé de 70 à 134, a-t-on
précisé place Beauvau.
Enfin,
le ministre a "fixé trois priorités"
à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme:
mobilisation des forces de sécurité, protection
renforcée "des lieux sensibles" et prévention.
Il a affirmé qu'avec "182 interpellations, le
taux d'élucidation des actes antisémites est
très supérieur à la moyenne".
Source
: AFP |