| Borloo:
2005, année de concrétisation du plan de cohésion sociale
Jean-Louis
Borloo a détaillé vendredi sa feuille de route
pour la concrétisation du plan de cohésion sociale
en 2005, sans ouvrir d'autres chantiers ni faire allusion
à l'objectif de baisse de 10% du chômage fixé
comme priorité pour cette année par Jean-Pierre
Raffarin.
"Nous
sommes arrivés dans un contexte particulier, dans un
climat compliqué" au lendemain de la défaite
de la droite aux élections régionales, a rappelé
le ministre au cours de ses voeux à la presse.
Après
une année de décisions parfois sujettes à
polémique (cohésion sociale, réforme
du licenciement économique et des 35 heures), 2005
sera une année de mise en oeuvre sur le terrain, selon
lui.
La
"machine globale" du plan de cohésion sociale
est "déjà en route", s'est félicité
le ministre, soulignant que l'ensemble des décrets
d'application devraient être publiés "d'ici
au 31 janvier".
Enjeu
"déterminant pour l'emploi", selon Jacques
Chirac, le rapprochement de l'ANPE et de l'Unedic fera l'objet
d'une négociation entre les deux organismes et l'Etat
dès "la semaine prochaine", a annoncé
M. Borloo. Le nouveau directeur de l'ANPE sera, lui, nommé
avant la fin du mois.
La
liste des premières maisons de l'emploi, pour lesquelles
277 dossiers semblent éligibles, devrait être
définie "avant Pâques", selon le ministre,
qui espère "un coup d'accélérateur"
à leur création d'ici la fin de l'année.
Les
premiers contrats d'avenir destinés aux bénéficiaires
du RMI devraient être signés "vraisemblablement
entre le 15 et le 28 février", et les premiers
contrats d'accompagnement vers l'emploi pour les chômeurs
de longue durée le seront "début mars".
Le
ministre est également revenu sur les dispositifs qu'il
compte mettre en place pour les salariés victimes de
licenciement économique.
Le
congé de reclassement personnalisé, prévu
par la réforme du droit du licenciement, nécessite
une négociation entre les partenaires sociaux qui gèrent
l'Unedic. Alors que patronat et syndicats se sont montrés
peu empressés, jusqu'à présent, à
lancer ces discussions, le ministre a indiqué vendredi
qu'elles étaient imminentes.
Il
a également confirmé que le "contrat intermédiaire",
dont il avait émis l'idée en décembre
mais sur lequel le Premier ministre semblait réservé,
était toujours à l'étude.
Mis
à part ce dispositif supplémentaire pour les
salariés licenciés et le développement
des services à la personne, aucun nouveau chantier
n'est pour le moment dans les cartons du ministre, notamment
en ce qui concerne la lutte contre le chômage.
"Sur
l'emploi, nous pouvons renouer avec le peloton de tête
des grands pays européens. Il n'y a pas de fatalité
du décrochage du taux d'activité en France",
a affirmé M. Borloo.
"Ce
sont des problèmes d'organisation, de méthode
de notre marché du travail, de nos formations, des
emplois de services à la personne, bref, c'est du structurel.
Le frictionnel et la croissance, c'est un autre débat",
a-t-il ajouté.
M.
Borloo est resté muet sur l'objectif volontariste de
faire baisser de 10% le taux de chômage cette année,
fixé fin novembre par Jean-Pierre Raffarin en s'appuyant
sur une croissance de 2,5% combinée aux premiers effets
du plan de cohésion sociale.
Le
ministre s'est inscrit dans une perspective plus longue. "Je
n'ai aucune inquiétude sur la réussite totale
de ce plan sur cinq ans, avec une réussite très
très significative sur les trois ans", a-t-il
assuré.
Source
: AFP |