| François
Bayrou lance une offensive en direction des classes moyennes
François
Bayrou veut lancer en 2005 une offensive en direction des
classes moyennes et faire campagne pour le oui au référendum
sur la Constitution européenne, en gardant sa pleine
liberté d'expression au sein de la majorité.
La
"première cible" de l'UDF cette année
sera "la crise des fins de mois, y compris pour les salaires
moyens", a déclaré M. Bayrou en présentant
vendredi ses voeux à la presse.
Dénonçant
"un appauvrissement continu" des classes moyennes,
il a annoncé que l'UDF allait lancer "une campagne
politique sur ce sujet qui est trop ignoré".
Un
thème également cher au nouveau président
de l'UMP Nicolas Sarkozy, qui évoque souvent "tous
ces gens qui sont trop pauvres pour être riches, trop
riches pour être pauvres".
La
gauche, quant à elle, est "mal à l'aise
en face de cette crise, parce qu'il y a là, en partie,
une conséquence des 35 heures", a affirmé
M. Bayrou.
L'autre
"combat" de l'UDF cette année sera la campagne
pour l'adoption du référendum sur la Constitution
européenne. "Nous sommes et nous serons pleinement
engagés pour le oui", a réaffirmé
M. Bayrou, pour qui "la constitution est une arme au
service du projet social européen".
Le
président de l'UDF, qui a été reçu
vendredi matin par Jacques Chirac dans le cadre des consultations
du chef de l'Etat sur les modalités d'organisation
du référendum, a toutefois réaffirmé
ses inquiétudes sur l'issue du scrutin.
Les
trois questions de "l'orientation ultra-libérale
de l'Europe", de "l'adhésion de la Turquie
à l'Union Européenne" et du "malaise
social" peuvent selon lui menacer le oui.
Mais
M. Bayrou, qui est opposé à l'entrée
de la Turquie dans l'UE, n'entend pas pour autant céder
à ceux qui préconisent d'éviter ce sujet
le temps du référendum, pour ne pas grossir
le camp des partisans du non à la Constitution.
"Il
faut traiter les questions comme elles se posent", a-t-il
insisté. Il a de nouveau parlé d'un système
de "monarchie élective" en France, pour protester
contre la façon dont Jacques Chirac a soutenu l'ouverture
des négociations d'adhésion avec Ankara.
M.
Bayrou a d'autre part renouvelé ses attaques contre
la "valse de promesses sans précédent,
et pour l'essentiel sans aucune chance de se réaliser",
faites à l'occasion des voeux du président de
la République et du gouvernement, dénonçant
notamment celles concernant les baisses d'impôts.
Alors
que ses dernières attaques ont été épinglés
à droite comme à gauche, et même par le
seul ministre UDF du gouvernement, Gilles de Robien (pour
qui François Bayrou a "un peu dérapé"),
le député des Pyrénées-Atlantiques
a défendu sa liberté d'expression.
"La
démocratie a besoin de parole libre, il faut l'accepter,
l'assumer et le revendiquer", a déclaré
M. Bayrou, qui n'a plus le monopole de la critique interne
à la majorité, depuis l'arrivée de M.
Sarkozy à la tête de l'UMP.
Source
: AFP |