| Tsunami:
Paris tente de minimiser les critiques sur l'arrivée tardive
de son aide à Sumatra
La France
a tenté jeudi, par les voix de son ambassadeur et du
commandant des forces françaises présentes dans
l'océan Indien, d'atténuer les critiques sur
l'arrivée jugée tardive de son assistance militaire
en Indonésie, assurant que ses bâtiments ancrés
au large de l'île dévastée de Sumatra
resteraient sur zone jusqu'à ce que Djakarta demande
le départ des forces étrangères.
Paris
a installé un hôpital de campagne dans la ville
de Meulaboh, à Sumatra, et dépêché
depuis le Canal de Suez deux navires de guerre, transportant
onze hélicoptères, qui devraient être
opérationnels vendredi, soit plus de deux semaines
après la catastrophe qui a fait 106.500 morts pour
la seule Indonésie.
La
France a fait aussi vite qu'elle a pu, a tenu à affirmer
le vice-amiral Xavier Rolin, qui dirige l'opération
française dans l'océan Indien. "Nous ne
disposons pas comme les Américains d'une large flotte
dans le Pacifique", a-t-il souligné devant des
journalistes à l'ambassade de France à Djakarta.
"Nous pouvons dire que nous sommes en retard, mais nous
étions loin. Nous ne pouvions pas faire partie de la
première vague d'assistance."
Par
ailleurs, l'ambassadeur de France en Indonésie, Renaud
Vignal, est revenu sur le souci de Djakarta de voir sa souveraineté
respectée alors que les forces de plusieurs nations
arrivent dans le pays pour dispenser leurs aides. L'Indonésie
cherche à avoir davantage de contrôle sur ces
opérations -souhaitant notamment que les secours étrangers
soient systématiquement escortés par l'armée
indonésienne- et a exigé que ces troupes étrangères
aient quitté le pays d'ici au 26 mars prochain.
"Nous
voulons nous mettre à la disposition des autorités
de ce pays, quoi qu'elles décident", a poursuivi
M. Vignal, ajoutant qu'un travail important pouvait être
accompli d'ici là. "Il y a beaucoup de temps entre
fin janvier et mars."
Les
éléments français, qui participeront
à la deuxième phase des secours apportés
à l'Indonésie, se joignent à d'autres
dispositifs militaires étrangers, notamment américain,
australien malaisien et singapourien, qui tentent d'opérer
de manière coordonnée.
Le
porte-hélicoptères "Jeanne d'Arc"
et la frégate "Georges-Leygues", qui étaient
stationnés à quelque 6.000km de là, dans
le canal de Suez, arrivent avec onze hélicoptères,
un avion cargo, cinq tonnes de matériel médical,
8.000 rations alimentaires et plus d'une dizaine de médecins,
a encore indiqué l'ambassadeur.
Il
a ajouté que les contributions tant publiques que privées
de la France à l'aide aux sinistrés du tsunami
du 26 décembre atteignaient désormais quelque
272 millions d'euros.
Source
: AP |