| Présidentielle:
Sarkozy veut faire élire le candidat UMP par les adhérents
Le
président de l'UMP Nicolas Sarkozy a proposé
que le candidat du parti majoritaire pour l'élection
présidentielle de 2007 soit élu par l'ensemble
des adhérents du parti, ce qui constituerait une première
à droite.
Le
président de l'Assemblée, Jean-Louis Debré,
a estimé que la proposition de Nicolas Sarkozy était
"totalement contraire à la tradition de la Vème
République", dans une déclaration aux agences
de presse.
Il
s'est dit "inquiet" jeudi de la "logique d'affrontement"
de Nicolas Sarkozy, qui "cultive ce qui nous divise plutôt
que ce qui nous unit", redoutant que le président
de l'UMP ne provoque "une crise de régime".
En
2007, "l'UMP soutiendra un candidat. La question qui
se pose est: comment choisira-t-elle ce candidat ? Je souhaite
que ce soit par la démocratie et un vote le plus large
possible", a affirmé M. Sarkozy, jeudi lors de
ses voeux à la presse à Paris.
L'UMP
suivrait ainsi l'exemple du parti socialiste, qui, pour la
première fois de son histoire, avait fait élire
par ses militants le candidat à la présidentielle
de 1995. Lionel Jospin avait ainsi été préféré
à Henri Emmanuelli.
Toutefois,
M. Sarkozy n'exclut pas les candidatures libres. "On
peut être candidat en dehors d'un parti politique",
a-t-il affirmé, en éludant une question sur
une éventuelle nouvelle candidature de Jacques Chirac.
Très
populaire auprès des militants de l'UMP - le 28 novembre
dernier, il avait été élu par 85,1% des
voix des militants - M. Sarkozy espère sans doute qu'il
sera désigné par les adhérents pour 2007.
Toutefois,
la bataille n'est pas du même ordre. Pour la présidence
de l'UMP, il avait en face de lui deux députés
(Nicolas Dupont-Aignan et Christine Boutin), qui ne sont pas
des personnalités de premier plan du parti.
De
plus, si Jacques Chirac décide de briguer un troisième
mandat, que feront alors des militants qui dans l'ensemble,
ont la réputation d'être légitimistes.
Cette
démocratisation de l'UMP s'exercera d'abord à
Paris où M. Sarkozy a dores et déjà décidé
d'organiser d'ici la fin de l'année un vote des militants
de la fédération UMP de la capitale pour désigner
le challenger de Bertrand Delanoë en 2008 à la
mairie de Paris.
M.
Sarkozy a fait preuve de la même liberté d'expression
dans les nombreux sujets qu'il a abordés en présentant
ses voeux, que ce soit sur les baisses d'impôts, l'immigration
ou encore la Turquie, trois sujets sur lesquels il s'est nettement
détaché de Jacques Chirac.
"Il
ne faut pas dissimuler la vérité aux Français.
Notre situation est encore préoccupante. Mille milliards
de dettes de l'Etat, cinquante milliards de dépenses
pour ne payer que les intérêts: cela n'est pas
tenable", a affirmé l'ancien ministre de l'Economie
alors que le président de la République a promis
une reprise de la baisse de l'impôt sur le revenu en
2006.
Selon
lui, si ces baisses sont "indispensables", elles
ne doivent "pas compromettre l'équilibre budgétaire".
Quant
à l'immigration, il a souhaité "des débat
approfondis, sans tabou et sans exclusive", sur une politique
de "quotas". "Notre politique d'immigration
doit être repensée, redéfinie, profondément
renouvelée", a-t-il dit.
Il
a également proposé la désignation d'un
"ministère en charge de l'immigration", soulignant
que "la France est le seul pays d'Europe à avoir
trois administrations en charge de ce dossier, affaires étrangères,
intérieur, affaires sociales".
Enfin,
sur la Turquie, il s'est à nouveau opposé à
Jacques Chirac, ardent défenseur de l'adhésion
d'Ankara à l'Union européenne alors que lui-même
plaide pour le "partenariat privilégié".
Un
nouveau vote du Conseil national de l'UMP sur l'adhésion
de la Turquie à l'Union européenne aura lieu
le 6 mars, a-t-il annoncé.
Le
9 mai 2004, alors qu'Alain Juppé présidait l'UMP,
le conseil national de l'UMP avait déjà adopté
à 71,8% une motion proposée par la direction,
refusant l'entrée de la Turquie dans l'UE.
Source
: AFP |