| Propos
de Jean-Marie Le Pen: le parquet de Paris va ouvrir une enquête
Le
parquet de Paris a annoncé jeudi qu'il allait ouvrir
une enquête préliminaire concernant les déclarations
du président du Front national (FN) Jean-Marie Le Pen
jugeant l'occupation allemande "pas particulièrement
inhumaine", a-t-on appris de source judiciaire.
Cette
enquête, réclamée par le ministre de la
Justice Dominique Perben, sera confiée à la
"brigade de répression de la délinquance
contre la personne" de la préfecture de police
de Paris, a-t-on précisé de même source.
Avant d'ouvrir cette enquête préliminaire, le
parquet doit déterminer le fondement juridique d'éventuelles
poursuites contre le leader du FN. Il devra notamment étudier
si ses déclarations peuvent ou non relever de la "contestation
de crime contre l'Humanité" ou de "l'apologie
de crimes de guerre".
Dans
un entretien au journal d'extrême droite "Rivarol",
M. Le Pen a déclaré que "l'occupation allemande
(en France) n'a pas été particulièrement
inhumaine" et qu'"il y aurait beaucoup à
dire" sur le massacre d'Oradour-sur-Glane.
Mercredi, le ministre de la Justice avait convoqué
la presse pour annoncer avoir demandé au parquet de
Paris d'ouvrir une enquête sur les propos du leader
d'extrême droite.
Jeudi
sur RTL, M. Le Pen a refusé de préciser sa pensée
sur le crime d'Oradour-sur-Glane. En revanche, il a réitéré
sa déclaration sur l'occupation allemande. "C'est
vrai (...) Proportionnellement, c'est en France que l'occupation
allemande a été la moins douloureuse",
a-t-il dit.
Par
ailleurs, M. Le Pen a annoncé que "dès
aujourd'hui" (jeudi), il allait porter plainte "pour
diffamation" et "pour avoir manipulé ses
propos" contre Le Monde, le premier quotidien à
avoir publié des extraits de cet entretien.
Les
déclarations de Jean-Marie Le Pen sur l'occupation
allemande ont déclenché mercredi une nouvelle
polémique qui a provoqué l'indignation d'associations
et de responsables politiques.
Selon
Le Monde daté de jeudi, le président du FN "fait
ainsi écho, sans s'y référer explicitement,
à une thèse révisionniste" selon
laquelle "des explosifs auraient été dissimulés
par les résistants dans l'église (d'Oradour)
où le 10 juin 1944 la division SS Das Reich avait enfermé
642 civils (dont 245 femmes et 207 enfants) avant de mettre
le feu au bâtiment".
Dans
un communiqué, le ministre de la Justice a indiqué
par ailleurs mercredi avoir découvert "que dans
la même interview M. Le Pen tenait des propos extrêmement
graves concernant les magistrats et la Justice" et demandé
que l'enquête porte également sur des propos
qui "mettent en cause" leur "équité".
"Lorsque
des magistrats, au mépris de ce qui est leur obligation
morale et fonctionnelle, bafouent le principe d'équité
et accordent le bénéfice de la bonne foi à
des gens qui à l'évidence ne le sont pas (...)
c'est proprement révoltant", déclare M.
Le Pen dans Rivarol.
M.
Le Pen vise son procès perdu en octobre 2004 contre
Le Monde, qui avait publié pendant la campagne de 2002
des témoignages l'accusant de tortures pendant la guerre
d'Algérie.
En
novembre, le garde des Sceaux était déjà
intervenu pour demander au procureur général
près la cour d'appel de Lyon que des poursuites pour
"contestation de crimes contre l'Humanité"
soient engagées contre Bruno Gollnisch, délégué
général du FN, après ses propos sur les
chambres à gaz.
Source
: AFP |