| Un
cambrioleur tué par la police devant l'école de journalisme
de Bordeaux Un
homme soupçonné d'avoir volé du matériel
informatique à l'IUT de journalisme et de communication
de Bordeaux a été tué par balle et son
complice blessé par des policiers, appelés sur
les lieux dans la nuit de mardi à mercredi.
Deux
enquêtes ont été confiées à
la direction interrégionale de la police judiciaire,
l'une sur le vol, l'autre sur les circonstances de l'usage
des armes, a indiqué le procureur de Bordeaux dans
un communiqué.
Les
deux cambrioleurs présumés prenaient la fuite
quand une patrouille de la Brigade anti-criminalité
(BAC), prévenue par le veilleur de nuit - lui-même
alerté par l'alarme -, est intervenue vers 02H30, selon
Patrick Aubry, le directeur de l'IUT appelé sur place
dans la nuit.
L'un
des deux policiers de la BAC a fait feu "pour protéger
son collègue" quand il a vu un des deux malfaiteurs
pointer une arme vers sa tête en "proférant
des menaces de mort", selon le procureur.
L'homme,
âgé de 32 ans, a été atteint en
pleine poitrine. Il portait un pistolet à cartouches
de gaz lacrymogène, "parfaite imitation d'un Beretta
9 mm" et plusieurs armes blanches, selon le témoignage
du veilleur de nuit.
Son
compagnon, à qui les policiers ordonnaient de s'arrêter,
s'est retourné "dans une attitude qui a provoqué
un second tir", selon le procureur. Touché à
la jambe, cet homme de 24 ans a été hospitalisé.
Mercredi
matin, les étudiants se sont heurtés aux périmètres
de sécurité mis en place par la police devant
le bâtiment. Suspendus dans la matinée, les cours
ont repris normalement dans l'après-midi.
Hasna,
32 ans, une étudiante de la filière journalisme
décrit l'atmosphère irréelle de la "scène
de crime" au petit matin. "Il y avait encore du
sang", dit-elle choquée, en soulignant qu'"une
balle dans le coeur pour un ordinateur c'est cher payé".
Un
sentiment partagé par beaucoup. A la reprise des cours,
en début d'après-midi, toutes les conversations
portaient sur la fusillade de la matinée, les différentes
versions qui ont circulé, la fiabilité des sources
d'information.
"Il
n'y avait pas de témoin en dehors des policiers dit
un étudiant. "Oui mais le témoignage d'un
policier ça compte plus que tout", répond
un autre.
Quelques
uns, comme Wendy - qui devait partir avec une caméra
pour un reportage sur les soldes - ont choisi de travailler
sur ce "fait divers", en interrogeant la police,
le directeur de l'IUT et le veilleur de nuit.
Thibault,
un apprenti journaliste de 19 ans, lui se dit "incapable
de parler" du drame qui a fait irruption dans son quotidien.
"Ce
qui domine c'est la compassion, les étudiant se sont
dit 32 ans, 24 ans, c'est notre âge", souligne
Jean-François Brieux, responsable de la formation radio.
Source
: AFP |