| Référendum:
Jacques Chirac donne des garanties au PS
Le
gouvernement restera "à sa place" dans la
campagne pour le référendum sur la Constitution
européenne, a promis mercredi Jacques Chirac à
François Hollande au premier jour de ses consultations
avec les chefs de partis politiques.
Le
chef de l'Etat s'est également entretenu avec Nicolas
Sarkozy.
Les
modalités d'organisation du référendum
étaient au centre de ces entretiens, première
étape du processus qui conduira à la consultation
prévue "avant l'été".
Au
nom du PS qui a voté à près 59% pour
le "oui" à la Constitution, François
Hollande a posé ses conditions à Jacques Chirac.
Le leader du premier parti d'opposition, dont le soutien pourrait
être décisif pour le "oui", a souhaité
que le référendum soit "détaché
de toute considération politique intérieure".
"Le
président de la République ne peut pas instrumentaliser
le scrutin à d'autres fins. Pour l'instant, rien ne
laisse penser que ce sera le cas et il m'en a donné
acte", a déclaré M. Hollande.
Selon
le Premier secrétaire du PS, Jacques Chirac, qui conduira
le camp du "oui", a également "convenu"
que le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin devait rester
"à sa place" dans la campagne. "Si les
membres du gouvernement doivent s'exprimer, c'est au nom de
leur parti politique", a-t-il estimé. L'Elysée
a cependant expliqué mercredi que le gouvernement n'allait
"pas mettre son drapeau dans sa poche".
Le
chef de l'Etat a auparavant reçu pendant 1h15 Nicolas
Sarkozy. Le président de l'UMP, qui doit tenir jeudi
une conférence de presse, n'a fait aucun commentaire
à sa sortie de l'Elysée.
MM.
Chirac et Sarkozy ont notamment pu évoquer la question
turque. Le chef de l'Etat, favorable à l'adhésion
de la Turquie à l'UE si elle remplit la totalité
des conditions posées, devait notamment inviter le
président de l'UMP à déconnecter la question
turque de la ratification de la Constitution européenne.
Ces
deux questions n'ont "strictement rien à voir
entre elles", déclarait-il vendredi dernier. Le
président a prévenu qu'il ne parlerait que de
l'enjeu européen durant la campagne.
De
son côté, l'UMP ne cache pas son hostilité
à l'adhésion de la Turquie à l'UE. Nicolas
Sarkozy pourrait faire revoter son conseil national le 6 mars
prochain sur cette question. Le Parlement de l'UMP s'était
déjà prononcé le 9 mai dernier pour un
"partenariat privilégié" avec Ankara.
MM.
Chirac et Sarkozy ont également pu évoquer la
révision constitutionnelle. Jacques Chirac et le gouvernement
ne souhaitent pas amender le projet de loi constitutionnelle
qui sera examiné par l'Assemblée du 25 au 27
janvier.
Or,
la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée
nationale, qui examinait la révision constitutionnelle,
a adopté mardi un amendement de son président
UMP Edouard Balladur qui accroît les prérogatives
du Parlement français en matière de contrôle
des décisions européennes.
Le
gouvernement tente maintenant de convaincre les députés
de ne pas le voter en séance. "Le président
comme le gouvernement n'est pas favorable à ce qu'on
modifie l'équilibre entre l'exécutif et le législatif",
dit-on à l'Elysée.
Seul
partisan du "non" reçu mercredi, Jean-Pierre
Chevènement a exposé à Jacques Chirac
ses arguments en faveur d'un "non républicain".
Le président d'honneur du Mouvement républicain
et citoyen a dénoncé un "traité
qui comporte des risques très graves de régression
économique, sociale et politique et pour la démocratie".
Le
chef de l'Etat poursuivra ses consultations jeudi et vendredi.
Selon son entourage, Jacques Chirac devait évoquer
avec les dirigeants des partis politiques la date du référendum,
la question posée, le financement de la campagne ou
encore l'accès aux médias.
Jacques
Chirac veillera à poser une question claire aux Français,
selon l'Elysée. Les électeurs devraient être
invités à approuver un projet de loi tenant
en une ligne: "la ratification du traité constitutionnel
pour l'Europe est autorisée".
Autre
sujet à l'ordre du jour des consultations: le financement
de la campagne. Alors que les partisans du "non"
se plaignent de la disproportion des moyens entre les deux
camps, l'Elysée a rappelé mercredi que les référendums
n'ont jamais donné lieu à des financements de
l'Etat.
Jacques
Chirac a enfin insisté dans ses consultations sur la
nécessité d'une "équité"
entre tenants du "oui" et du "non" dans
l'accès aux médias, selon son entourage.
Chaque
Français recevra par ailleurs le texte de la Constitution
avant le référendum afin de se prononcer "en
toute connaissance de cause", a annoncé l'Elysée.
Source
: AP |