| La
classe politique indignée après les declarations de Le Pen
Voici
les principales réactions mercredi aux propos tenus
par le président du FN Jean-Marie Le Pen sur l'occupation
allemande:
-
Le ministre de la Justice Dominique Perben:
"Indigné",
le garde des Sceaux a demandé au parquet de Paris d'ouvrir
"immédiatement" une enquête préliminaire.
"Je suis frappé par l'offense que M. Le Pen porte
ainsi aux victimes, à leurs familles, aux anciens combattants,
aux déportés, à tous ceux qui ont souffert
dans leur chair, ou dans leur famille, dans cette période
noire de notre histoire", s'est-il insurgé devant
la presse. "Il devra s'en expliquer devant la justice".
-
Le Premier secrétaire du PS François Hollande:
"Laisser
penser que l'occupation allemande aurait été
finalement acceptable et n'aurait pas eu de conséquences
tragiques, c'est blesser tous les martyrs, c'est blesser toutes
les consciences et c'est porter une atteinte terrible par
rapport à ce qui a été la résistance
dans notre pays", a-t-il dénoncé.
"Ce
qui est en cause chaque fois que Jean-Marie Le Pen s'exprime,
c'est la révision de l'histoire, c'est-à-dire
du révisionnisme", a mis en garde le N°1 du
PS. Il a donc demandé au gouvernement d'"étudie(r)
toutes les voies de droit qui permettent de sanctionner ce
type de déclarations".
-
Le secrétaire général du MRAP (Mouvement
contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples),
Mouloud Aounit:
Il
a exprimé sa "nausée" face à
cette "provocation" et annoncé son intention
de porter plainte pour "contestation de crimes contre
l'humanité" dans "les jours qui suivent".
"C'est une offense et une insulte à la mémoire
de tous ceux qui ont dû subir et vivre les forfaits
monstrueux du nazisme", a fustigé M. Aounit dans
un entretien à l'Associated Press. "Je crois que
par cette provocation calculée et délibérée,
il y a une volonté par ailleurs manifeste de réhabiliter
ce que le nazisme représente pour Le Pen, c'est-à-dire
une idéologie qu'il partage".
-
Le président de la Ligue des droits de l'Homme, Michel
Tubiana:
La
LDH envisage d'engager des poursuites contre Jean-Marie Le
Pen après avoir procédé à "une
étude juridique soigneuse". "Au-delà
de la négation des faits qui tend à présenter
la Gestapo comme une bande de joyeux drilles chargés
de protéger les Français, on tombe bien dans
le cadre d'une contestation de crimes contre l'humanité",
a estimé M. Tubiana à l'AP, rappelant que "la
Gestapo a été déclarée comme étant
une organisation criminelle par la juridiction de Nuremberg".
-
Le Conseil représentatif des institutions juives de
France:
Le
CRIF, "particulièrement choqué" estime
dans un communiqué que "ces déclarations
salissent la mémoire de toutes les victimes du nazisme,
déportés et résistants, et de l'ensemble
de la population française qui fut soumise pendant
plus de quatre années à la plus atroce des occupations
et des humiliations".
-
Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF:
La
dirigeante communiste estime que les propos tenus par M. Le
Pen sont "particulièrement choquants et intolérables".
Disant approuver la décision de M. Perben d'ouvrir
une enquête préliminaire, elle note que "l'Etat
se doit de réagir face à de telles allégations".
Pour elle, Jean-Marie Le Pen "tient un discours révisionniste
qui prouve bien que ce parti n'a pas changé".
-
Lucie Aubrac, ancienne résistante
L'ancienne
résistante s'est déclarée "bouleversée
par ce texte-là et bien en colère" contre
Jean-Marie Le Pen. "J'ai l'impression de ne plus être
vieille et de recommencer à protester publiquement
contre ces mots qu'on a entendus en 1940, dans la bouche d'autres
Français, qui avaient eu l'excuse de ne pas savoir
ce qu'avait fait la Gestapo en France".
"C'est
un propos inimaginable (...) On ne peut pas imaginer que la
majorité d'un peuple le peuple français ou européen
ait à ce point oublier la réalité pour
s'en retrouver là", a-t-elle expliqué sur
France-Info.
Source
: AFP |