| Auschwitz:
"Pardonner est impossible" pour Simone Veil
Soixante
ans après la libération du camp d'Auscwhitz,
Simone Veil, déportée en avril 1944 à
l'âge de 16 ans, estime que "pardonner, ce n'est
pas possible" et qu'"il faut essayer de tout faire
pour que ça ne se reproduise pas".
Dans
un long entretien à "Paris-Match" à
paraître jeudi, l'ancienne ministre témoigne
de sa vie dans le camp où elle s'est rendue avec ses
petits-enfants en décembre dernier. "Tout est
si différent qu'il n'y a pas de lien entre ces deux
mondes. Ce sont deux vies".
"Le
monde des camps de déportation était hors du
temps, de la vie, des réalités...", explique
l'ancienne présidente du Parlement européen.
"Je n'ai pas le souvenir d'avoir pleuré... C'était
au-delà des larmes..."
"C'est
beaucoup plus qu'une douleur, c'est une histoire. C'est l'histoire
de l'extermination des Juifs d'Europe", analyse Simone
Veil.
"Pardonner,
ce n'est pas possible. Il faut essayer de tout faire pour
que ça ne se reproduise pas. Il ne suffit pas de dire
qu'on se réconcilie et qu'on fonde l'Europe",
avance l'ancienne ministre. "Il faut qu'elle soit basée
sur des engagements les uns vis-à-vis des autres".
Interrogée
sur le négationnisme, Simone Veil estime qu'"il
faut réagir, voire sanctionner parce que ce n'est pas
supportable".
Evoquant
"deux choses très inquiétantes" en
la matière, elle cite "un certain nombre de pays
ou de mouvements (qui) financent des radios, des journaux,
ou des télés diffusés par satellite qui
s'adressent à des gens qui ne savent pas et sont donc
très influençables".
Sans
jamais citer d'exemple, Simone Veil prévient que "cette
propagande marche bien. Même ici en France". "Il
faut être vigilant".
"La
seconde (chose), c'est la banalisation", juge ce membre
du Conseil constitutionnel. "Si, lors d'un conflit militaire,
on parle de 'génocide' alors qu'il s'agit, comme souvent
hélas dans les guerres, d'un massacre, une certaine
banalisation s'installe", déplore-t-elle.
Source
: AP |